RELIGION

L'Église anglicane d'Angleterre ordonne sa première femme évêque

La révérende Libby Lane, première femme à devenir évêque au sein de l'Église anglicane d'Angleterre.
La révérende Libby Lane, première femme à devenir évêque au sein de l'Église anglicane d'Angleterre. Paul Ellis, AFP

L'Église anglicane d'Angleterre ordonnera, lundi, pour la première fois de son histoire une femme évêque. C'est la révérende Libby Lane, mère de deux enfants et fan de Manchester United, qui a été désignée.

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C'est une étape historique dans l'histoire de l'Église anglicane. Lundi 26 janvier, une femme sera ordonnée évêque pour la première fois. C'est la révérende Libby Lane - de son nom complet Elizabeth Jane Holden Lane - qui a été désignée en décembre. Une première depuis 1534, date à laquelle le roi Henry VIII a fondé l'Église d'Angleterre.

Depuis 2007, cette femme de 48 ans, mariée à un prêtre avec lequel elle a deux enfants, officiait comme vicaire dans le diocèse de Chester, au nord-ouest de l'Angleterre. "Je suis enthousiaste mais pour le moins intimidée" par la fonction, a-t-elle déclaré.

Supportrice de l'équipe de football de Manchester United, saxophoniste, appréciée pour son sens de l'humour et son sens du devoir, Libby Lane exercera son ministère à Stockport, ville désindustrialisée du Grand-Manchester.

Cette ordination, qui doit se dérouler en la cathédrale de York, plus grand édifice gothique d'Europe du Nord, marque le début d'une nouvelle ère après des siècles de prédominance masculine dans la hiérarchie cléricale. Elle est attendue depuis longtemps par ceux qui militent pour une place plus grande des femmes dans l'Église d'Angleterre et intervient 20 ans après les premières ordinations de femmes prêtres en Angleterre, où elles représentent aujourd'hui près d'un tiers du clergé.

Réticences de la frange conservatrice du clergé

"Il s'agit fondamentalement de savoir si l'Église pense que les hommes et les femmes ont été créés égaux à l'image de Dieu", estime Miranda Threlfall-Holmes, prêtre et vice-présidente de Watch, une organisation luttant contre la discrimination sexuelle au sein du clergé.

Mais l'exemple de Libby Lane fera aussi son lot de déçus parmi les traditionalistes du clergé qui pensent que la fonction d'évêque doit rester dans le giron masculin.

Son ordination intervient deux mois après l'adoption, après des années de querelle, par le synode général de l'Église anglicane d'un amendement baptisé "Canon 33". Le texte établit désormais qu'"un homme ou une femme peut être consacré à la fonction d'évêque".

Un précédent vote, en novembre 2012, avait échoué de seulement six voix, ce qui avait ravivé des divisions profondes au sein de cette Église, qui dispose d'un statut officiel en Angleterre puisque son gouverneur suprême est la reine Elizabeth II.

Elle s'était vue reprocher une approche rétrograde contrastant avec l'attitude plus progressiste d'autres Églises anglicanes, comme celles du Pays de Galles, d'Australie, du Canada ou du Swaziland, qui autorisent déjà l'ordination de femmes évêques.

Avec AFP

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