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THAÏLANDE

L'ex-Première ministre thaïlandaise risque la prison pour corruption

L'ex-chef de gouvernement thaïlandais a témoigné devant l'Assemblée nationale à Bangkok pour clamer son innocence, le 22 janvier 2015.
L'ex-chef de gouvernement thaïlandais a témoigné devant l'Assemblée nationale à Bangkok pour clamer son innocence, le 22 janvier 2015. Pornchai Kittiwongsakul, AFP
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Accusée de corruption, Yingluck Shinawatra, l'ex-chef du gouvernement thaïlandais, a été interdite de vie politique pendant cinq ans par le Parlement ; elle risque en outre dix années de prison.

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Le torchon risque de brûler à nouveau entre pro et anti-Shinawatra, et d'embraser toute la Thaïlande. L'ancienne chef du gouvernement thaïlandais Yingluck Shinawatra a été interdite d’activité politique, vendredi 23 janvier, pour une durée de cinq ans. Inculpée pour corruption, elle encoure également jusqu'à dix ans de prison. L’ex-Première ministre est accusée d'avoir participé à une affaire de surfacturation sur le marché du riz qui aurait coûté plusieurs milliards de dollars à son pays.

C'est l'Assemblée nationale de Thaïlande, dominée par les militaires, auteurs du coup d'État de mai 2014 contre Yingluck Shinawatra, qui en a décidé ainsi à 190 voix pour et 18 contre. Quelques heures plus tôt, le parquet avait annoncé sa prochaine inculpation pour "corruption", assurant que cette coïncidence de calendrier était "fortuite".

Interdiction de sortie du territoire

Yingluck Shinawatra, âgée de 47 ans, pourrait être mise en examen "début mars" et d'ici là interdite de sortie de territoire. Dans un pays sous loi martiale, où la justice est réputée proche de l’armée, cette annonce résonne comme un couperet.

L’ex-Première ministre avait pris la tête du gouvernement en 2011, après la victoire de son parti aux législatives, marchant ainsi sur les pas de son frère Thaksin Shinawatra. L’ancien magnat des télécommunications avait dû partir en exil après le coup d'État de 2006, pour échapper à la prison après des accusations de corruption.

Malgré ses tentatives de réconcilier le pays profondément divisé, Yingluck Shinawatra est vue par ses opposants comme la marionnette de son frère, ennemi juré des élites. Les anti-Shinawatra étaient notamment inquiets de la popularité électorale, surtout auprès de la population rurale du nord et et du nord-est du pays de l'ancienne chef du gouverment.

Le clan Shinawatra dans la ligne de mire de la junte

La junte thaïlandaise est aujourd'hui accusée de vouloir éliminer durablement l'influent clan Shinawatra de la scène politique, alors que se pose la question de la succession du souverain thaïlandais, le roi Bhumibol, âgé de 87 ans, tabou suprême dans le pays.

Selon les analystes, l'interdiction de toute activité politique de Yingluck Shinawatra, doublée d'une condamnation en justice, font partie de ce processus d'élimination organisé.

L’ex-chef du gouvernement avait témoigné devant l'Assemblée nationale jeudi pour clamer son innocence, estimant que l'interdire de vie politique n'était fondé sur "aucun texte de loi", la junte ayant révoqué la Constitution.

Concernant sa prochaine mise en examen, Yingluck Shinawatra et ses partisans n'ont pas encore réagi. Mais l'ex-Première ministre pourrait donner une conférence de presse plus tard dans la journée.

La junte a déjà mis en garde ses partisans contre toute manifestation, assurant qu'elle n'hésiterait pas à utiliser la force, en vertu de la loi martiale, qui interdit tout rassemblement politique dans le pays.

Avec AFP et Reuters

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