ÉTATS-UNIS

Guantanamo : contre la fermeture, les républicains avancent le risque de récidive

La mobilisation contre Guantanamo est forte aux États-Unis. Ici une manifestation le 11 janvier à Washington.
La mobilisation contre Guantanamo est forte aux États-Unis. Ici une manifestation le 11 janvier à Washington. Mandel Ngan, AFP

Barack Obama a réitéré cette semaine sa volonté de parvenir à la fermeture de la prison de Guantanamo. Ses opposants pointent le risque de retour au jihadisme des détenus islamistes libérés.

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La fermeture de Guantanamo était l’une des principales promesses électorales du candidat Obama à la Maison Blanche. Mais six ans après son élection en 2008, la tristement célèbre prison américaine de Guantanamo héberge toujours des prisonniers "à haut risque", dont beaucoup n’ont eu droit à aucun jugement.

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Régulièrement attaqué sur son engagement non tenu, le président américain a promis cette semaine de ne pas relâcher ses efforts pour fermer Guantanamo. De leur côté, les opposants au projet avancent le risque de retour au jihadisme des détenus qui seront libérés de la célèbre prison.

"Les opposants à la fermeture de Guantanamo citent un taux de récidive de 30% parmi les anciens détenus. Cette allégation est profondément inexacte", a déclaré Cliff Sloan, ancien envoyé spécial chargé de fermer la prison militaire en fonctionnement depuis 13 ans.

"Sur tous les détenus transférés sous cette administration, plus de 90% ne sont pas soupçonnés (...) du moindre acte hostile depuis leur libération", écrit-il dans un éditorial du New York Times.

Selon le rapport de l'Office du renseignement national (ODNI) de septembre 2014, actualisé tous les six mois, 19% des ex-détenus de Guantanamo transférés avant 2009 s'étaient avec certitude "réengagés dans des activités terroristes ou rebelles". Ce chiffre n'était plus que de 6,8% pour les prisonniers libérés depuis janvier 2009, quand Barack Obama a signé le décret 13.492 de fermeture de Guantanamo, premier acte de sa présidence.

"Finir le travail"

"Il est temps de finir le travail", a exhorté Barack Obama, mardi dans son discours sur l' état de l'Union. "Cela n'a aucun sens de dépenser trois millions de dollars par prisonnier pour conserver une prison que le monde condamne et que les terroristes utilisent pour recruter".

Dans le camp républicain, les récents attentats de Paris sont vus comme une preuve que les détenus jihadistes récidivent à leur sortie. Dans les rangs jihadistes, "c'est un honneur d'avoir été prisonnier à Guantanamo", a souligné John McCain, regrettant que les États-Unis continuent  "à libérer des groupes de prisonniers [...] sans le moindre programme alors qu'il y a une forte probabilité qu'un sur trois retourne au combat".

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La proportion de détenus retournant au jihad était de 17% dans les premières années de la présidence d'Obama, mais elle a poursuivi sa baisse sous l'effet d'une révision au cas par cas de la situation de chaque détenu et du pays où il devait être renvoyé.

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La quasi-totalité des hommes de Guantanamo n'ont jamais été inculpés faute de preuve. Détenu après détenu, leur risque de rejoindre une organisation terroriste est réexaminé: 28 ont ainsi été libérés en 2014, et 54 autres, "approuvés pour transfert", devraient l'être avant fin 2015, dont 47 Yéménites.

Avec AFP
 

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