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Le chaos au Yémen porte un coup à lutte des États-Unis contre Al-Qaïda

Les miliciens chiites houthis ont pris le pouvoir au Yémen, entraînant la chute du gouvernement.
Les miliciens chiites houthis ont pris le pouvoir au Yémen, entraînant la chute du gouvernement. Mohalmed Huwais, AFP

L'effondrement du gouvernement yéménite jeudi et la prise de pouvoir par les miliciens chiites houthis ont contraint les États-Unis à cesser certaines opérations antiterroristes menées dans ce pays qui est une des places fortes d'Al-Qaïda.

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La démission jeudi 22 janvier du Premier ministre yéménite, Khaled Baha, suivie de celle du président Abd-Rabbo Mansour Hadi quelques heures plus tard, a précipité l’arrêt de certaines opérations américaines contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) dans le pays. Le Yémen est désormais sous le contrôle des miliciens chiites houthis.

>> À lire sur France 24 : Qui sont les Houthis, ces rebelles qui bouleversent la donne au Yémen ?

Selon différents responsables des services de sécurité américains, cet effondrement politique constitue un revers important pour Washington dans sa lutte contre Aqpa. Les agents américains en poste au Yémen travaillaient de concert avec les forces gouvernementales (lien en anglais) sur la base aérienne d'Al Annad, à partir de laquelle ils surveillaient les activités d'Aqpa.

Les frappes de drones, désormais courantes dans la traque des membres du groupe djihadiste, devraient être temporairement suspendues. Car non seulement l'exécutif yéménite "donnait son aval" pour des frappes aériennes américaines sur son territoire, "mais il contribuait aussi aux efforts sur le terrain" avec ses propres forces, souligne un responsable du département de la Défense.

Malgré la chute du gouvernement de Khaled Baha, le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, a déclaré que Washington entendait poursuivre sa collaboration avec les autorités yéménites dans la lutte contre le terrorisme. Et des missions d'entraînement continuent d'être menées.

Certains responsables américains craignent que les troubles actuels ne laissent à Aqpa l'espace nécessaire à son expansion et facilitent l'organisation d'attaques contre des cibles occidentales. L'organisation djihadiste a notamment revendiqué l'attaque du 7 janvier à Paris contre "Charlie Hebdo".

Frappes de drones

Dans une interview donnée fin mars 2014 au journal Al-Hayat, le président Abd-Rabbo Mansour Hadi déclarait : "Le Yémen est engagé, avec la communauté internationale, dans la guerre contre Al-Qaïda et nous avons une excellente coopération avec les États-Unis dans ce domaine. Nous sommes obligés d'avoir recours aux drones pour limiter les activités d'Al-Qaïda et les mouvements de ses membres".

Washington considère le Yémen comme un pays stratégique dans la lutte contre le terrorisme. Selon la New America Foundation, en 2014, dix-neuf raids de drones ont tué 124 activistes et quatre civils. La dernière opération américaine en date a eu lieu le 6 décembre et s'est traduite par la mort de neuf militants présumés d'Al-Qaïda.

La démission du président Hadi pourrait remettre en cause les plans de la Maison blanche qui estimait il y a quatre mois que le partenariat avec les autorités yéménites était un modèle de "succès".

Les miliciens houthis soutenus par l'Iran sont les adversaires des insurgés sunnites d'Al-Qaïda mais ils considèrent également les États-Unis comme un ennemi, comme l'ont prouvé les manifestations organisées vendredi dans la capitale Sanaa où des milliers de personnes ont scandé "mort à l'Amérique, mort à Israël".

>> À lire sur France 24 : Yémen : l’irrémédiable ascension des Houthis, nouveaux maîtres de Sanaa

Avec AFP

 

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