CUBA

Une haute responsable américaine a rencontré des dissidents à Cuba

Yoani Sanchez (à gauche) en compagnie de Roberta Jacobson, le 23 janvier à La Havane
Yoani Sanchez (à gauche) en compagnie de Roberta Jacobson, le 23 janvier à La Havane Desmond Boylan, AFP

Dans le sillage des pourparlers officiels entre La Havane et Washington, Roberta Jacobson a échangé vendredi avec plusieurs dissidents. La sous-secrétaire d'État américaine a notamment discuté avec l'emblématique blogueuse d'opposition Yoani Sanchez.

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La sous-secrétaire d'État américaine Roberta Jacobson a rencontré, vendredi 23 janvier, sept dissidents au cours d'un petit déjeuner organisé dans la luxueuse demeure du chef de la mission américaine à La Havane.

"J'ai pu discuter avec quelques militants de la société civile (...) et entendre leurs divergences ou leur appui à la nouvelle politique" américaine, a déclaré Roberta Jacobson, qui est la première représentante du gouvernement américain à se rendre à Cuba depuis 35 ans. 

Cette rencontre a été organisée au lendemain de deux jours de pourparlers historiques organisés cinq semaines après l'annonce de la normalisation des relations entre des deux pays.

"Cela a été très important pour moi d'écouter leur point de vue et (d'étudier) comment nous pouvons soutenir la société civile à l'avenir", a-t-elle ajouté sans commenter l'absence de Berta Soler, dirigeante du mouvement des Dames en blanc, qui s'oppose à la nouvelle politique américaine vis-à-vis de Cuba.

Mme Soler, à la tête du groupe le plus visible de la dissidence cubaine, a indiqué à l'AFP qu'elle avait décliné l'invitation des autorités américaines. Comme d'autres dissidents, elle rejette le changement de posture de Washington vis-à-vis de l'île, qui selon eux revient à légitimer le régime communiste.

Avec la blogueuse Yoani Sanchez

Parmi les sept dissidents qui se sont rendus à cette rencontre, figurait Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l'homme (CCDH), organisation interdite mais tolérée par les autorités.

Les Américains "ont voulu exprimer une forme d'appui humain et une reconnaissance morale à nos efforts pacifiques", a-t-il expliqué à la presse après la rencontre, démentant tout déséquilibre dans les opinions représentées.

Mme Jacobson a également rencontré dans la soirée le cardinal Jaime Ortega, interlocuteur privilégié du gouvernement cubain, avec lequel elle s'est entretenue "du changement de politique des États-Unis envers Cuba", selon les termes d'un fonctionnaire américain.

Elle s'est ensuite rendue au domicile de la blogueuse d'opposition Yoani Sanchez, siège de son portail 14ymedio, l'unique média indépendant de l'île, régulièrement bloqué par les autorités, pour évoquer "le journalisme indépendant à Cuba", a indiqué la blogueuse dans un tweet. Roberta Jacobson a accordé une interview à 14ymedio, mise en ligne en espagnol et en anglais, dont le titre est : "Il revient aux Cubains de décider de leur futur".

Les droits de l'Homme en question

Lors des discussions bilatérales de jeudi, les droits de l'homme ont fait l'objet d'échanges empreints de fermeté entre les représentants américains et cubains.

Lorsque Mme Jacobson s'est inquiétée de la situation des droits de l'homme à Cuba, mentionnant "la liberté d'expression et de réunion", la partie cubaine a répondu en dénonçant les détentions illégales et tortures de Guantanamo, la brutalité policière et les inégalités aux États-Unis.

Sur cette question, Washington tente de faire bonne figure face aux critiques d'élus républicains et de certains dissidents, alors que Cuba réclame régulièrement le respect de sa souveraineté.

"Les droits de l'homme demeurent au centre de notre politique, et il est crucial pour nous de continuer à échanger sur les droits de l'homme (...) et, désormais, directement avec le gouvernement cubain", a conclu Mme Jacobson.
 

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