ÉPIDÉMIE

Virus Ebola : le Liberia ne compte plus que cinq cas confirmés

Des employés de MSF à l’entrée d’une clinique à Monrovia, au Liberia, le 1er novembre 2014.
Des employés de MSF à l’entrée d’une clinique à Monrovia, au Liberia, le 1er novembre 2014. Zoom Dosso, AFP

Le Liberia, pays le plus touché par le virus Ebola, a fait savoir samedi qu'il ne comptait plus que "cinq cas confirmés" sur son territoire. L'OMS a confirmé ce chiffre mais s'inquiète toujours de la situation dans la région.

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Le gouvernement du Liberia a fait, samedi 24 janvier, une annonce fracassante. "Nous avons cinq cas d'Ebola confirmés au Liberia à ce jour", a déclaré le vice-ministre de la Santé Tolbert Nyensuwah, cité par l’AFP. Selon lui, trois des cas se trouvent dans la capitale Monrovia et les autres dans les comtés de Bomi et Grand Cape Mount (nord-ouest). "Cela signifie que nous allons arriver à zéro (cas) si tout se passe bien, si d'autres personnes ne tombent pas malades ailleurs", a ajouté le vice-ministre.

Ce chiffre donné par Monrovia a été confirmé samedi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il représente un espoir : la fin de l'épidémie dans le pays comptant six millions d'habitants, alors que plus de 3 500 Libériens y ont succombé. "L'OMS soutient le gouvernement du Liberia dans ses efforts pour parvenir à zéro cas", a assuré Lisa White, porte-parole de la mission de l’ONU pour la réponse d'urgence à Ebola (Unmeer). "À présent il faut rester vigilant et s'assurer que cette tendance se confirme".

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Au plus fort de l'épidémie, en août et septembre 2014, le Liberia enregistrait plus de 300 nouveaux cas par semaine et le personnel médical, dépassé, devait renvoyer les malades des hôpitaux submergés, souvent pour mourir dans la rue. Mais, grâce à une vaste mobilisation internationale, des centaines de travailleurs de santé et des militaires américains sont arrivés dans le pays pour former le personnel de santé et construire des centres de traitement contre Ebola.

La semaine dernière déjà, le Liberia n'avait signalé que huit nouveaux cas. Et vendredi, les 300 premières doses d'un des deux vaccins expérimentaux contre Ebola sont arrivées à Monrovia. Dans les prochaines semaines, des tests y impliqueront jusqu'à 30 000 personnes.

Une situation toujours "extrêmement préoccupante"

La pire épidémie jamais enregistrée du virus Ebola a tué au moins 8 688 personnes sur les 21 759 cas enregistrés en plus d'un an dans les trois pays les plus touchés (Liberia, Guinée et Sierra Leone). Mais les experts estiment que le bilan réel est nettement plus élevé. En outre, l'OMS s'inquiète toujours de la situation dans la région. Vingt nouveaux cas ont été signalés la semaine dernière en Guinée, contre 45 la semaine précédente. En Sierra Leone, 117 malades ont été enregistrés la semaine dernière, contre 184 la semaine d'avant.

Vendredi, la Sierra Leone a annoncé la levée des mesures de quarantaine. Le gouvernement avait placé en quarantaine six de ses 14 provinces, soit près de la moitié de la population, après l'instauration de l'état d'urgence fin juillet 2014. Le président Ernest Bai Koroma a jugé que "la victoire est en vue". Mais cette mesure a été prise le jour même où l'OMS prévenait que la situation restait "extrêmement préoccupante" et réclamait 350 millions de dollars (312 millions d'euros) pour pouvoir poursuivre ses programmes anti-Ebola dans les six prochains mois.

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"Nous voyons le nombre de nouveaux cas baisser et, dans le même temps, les contributions aussi, ce n'est pas de cette manière que nous arriverons à zéro !", a lancé à Genève Bruce Aylward, chef des opérations anti-Ebola pour l'OMS. "Nous sommes dans une situation toujours très inquiétante, surtout maintenant (...) que nous nous dirigeons vers la saison des pluies très, très bientôt. Cela va nous frapper en avril, mai, et rendra la réponse beaucoup plus compliquée", a-t-il souligné.

Les progrès sont néanmoins immenses dans les trois pays d'Afrique de l'Ouest concernés par l'épidémie, où la situation semblait désespérée encore récemment : commerce interrompu, restrictions de déplacement empêchant les récoltes.

Avec AFP

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