LÉGISLATIVES GRECQUES

Syriza : une victoire historique mais pas de majorité absolue

Des sympathisans de Syriza fêtent la victoire de leur parti, le dimanche 25 janvier à Athènes.
Des sympathisans de Syriza fêtent la victoire de leur parti, le dimanche 25 janvier à Athènes. Mehdi Chebil
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La gauche radicale Syriza, emmenée par Alexis Tsipras, a remporté dimanche les élections législatives grecques. Avec plus de 36 % des voix, le parti est largement en tête, mais il devrait rater la majorité absolue d'un ou deux sièges.

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Syriza est arrivé largement en tête des élections législatives anticipées, dimanche 25 janvier en Grèce, avec plus de 36 % des voix. Le parti de la gauche radicale grecque obtiendrait 149 sièges au Parlement et raterait ainsi de peu la majorité absolue (151 sièges), selon les premiers chiffres.

Son dirigeant, Alexis Tsipras, a toutefois estimé dimanche soir que "le verdict du peuple grec signifie la fin de la Troïka", déclarant devant des milliers de personnes rassemblées sur l'esplanade de l'Université d'Athènes que "le peuple grec a écrit l'Histoire" et "laisse l'austérité derrière lui" en donnant la victoire aux élections législatives à la gauche radicale.

Le parti conservateur Nouvelle Démocratie, au pouvoir, arrive deuxième, avec environ 27 % des suffrages. Son leader, le Premier ministre Antonis Samaras, a appelé Alexis Tsipras pour le féliciter, selon un porte-parole de la coalition de la gauche radicale.

"Le peuple grec a parlé et nous respectons sa décision", a déclaré le chef du gouvernement au cours d'une brève conférence de presse.

>> À lire sur France 24 : "Vers un chamboulement politique signé Syriza ?"

À la troisième place, après Syriza et Nouvelle Démocratie, le parti néo-nazi Aube Dorée obtient plus de 6 % des voix, suivi de près par les centristes de To Potami qui flirtent avec les 6 %.

Tractations politiques

Le parti Syriza souhaite relever le salaire minimum pour les Grecs, abolir certaines taxes pour les plus pauvres. Il veut aussi obtenir des créanciers du pays qu'ils réduisent la dette de la Grèce (175 % du PIB et plus de 300 milliards d'euros), et a fait comprendre durant la campagne que, tout en respectant les institutions européennes proprement dites, et en n'ayant aucune intention de faire sortir le pays de la zone euro, il ne se considérerait pas tenu par les exigences de la "Troïka" des créanciers (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne).

>> À lire sur France 24 : "Les politiques d'austérité, enjeu principal des élections législatives grecques"

Syriza devrait être en mesure de former le groupe politique le plus important à la Vouli, le parlement grec, qui compte 300 députés. S'il est privé de majorité absolue, le parti  pourrait s'allier avec des formations comme "La Rivière", nouveau venu de centre-gauche . Autre partenaire possible, s'il atteint les 3 % de suffrages, le mouvement souverainiste des Grecs indépendants.

Le score du parti du parti d'inspiration néo-nazie Aube dorée constitue un enjeu du scrutin. Malgré le procès qui attend des dizaines de ses membres pour "appartenance à une organisation criminelle", et l'incarcération de sept de ses seize députés, dont les chefs du parti, si ce parti parvient à devenir la troisième formation politique du pays, il aurait un rôle clef à jouer dans les futures tractations politiques.

Car la Constitution prévoit qu'Aube dorée devrait être consulté si aucun des deux partis arrivés en tête ne parvenait à former un gouvernement. Une situation qui serait embarrassante, autant que vaine, puisqu'il n'y a aucune chance qu'Aube dorée trouve des partenaires pour gouverner.

En cas d'échec des trois partis arrivés en tête à former un gouvernement, les Grecs devront retourner aux urnes en mars.

Avec AFP et Reuters

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