CENTRAFRIQUE

Le ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports enlevé

Le ministre Armel Sayo a été enlevé à Bangui, dimanche 25 janvier, par quatre inconnus.
Le ministre Armel Sayo a été enlevé à Bangui, dimanche 25 janvier, par quatre inconnus. AFP

Le ministre de la Jeunesse et des Sports centrafricain, Armel Sayo, a été kidnappé dimanche à Bangui par quatre inconnus armés. D'après des sources de France 24, douze autres membres d'une délégation officielle ont été enlevé dans le nord du pays.

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Le ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports, Armel Ningatoloum Sayo, a été kidnappé, dimanche 25 janvier, par un groupe d'hommes armés dans la capitale Bangui, a annoncé Tatiana Yangeko, une porte-parole du ministre.

Selon plusieurs sources contactées par France 24, douze autres personnes ont elles aussi été enlevées, elles seraient retenues par des ex-Séléka du mouvement FRPC. On ignore si les deux incidents sont liés.

"On ne sait pas encore dans quelles conditions ils sont retenus, mais c'est une délégation d'officiels qui montaient dans le nord du pays pour les consultations de la population", a expliqué la journaliste de France 24 Tatiana Mossot. Il pourrait s'agir d'une "tentative de dissuasion", dans la mesure où le pays est en train de préparer un grand forum de réconciliation, qui devrait se tenir à Bangui le mois prochain.

Plusieurs délégations officielles visées

Une source gouvernementale citée par Reuters explique que le ministre de l'Éducation, Éloi Anguimate, faisait partie de cette délégation qui a subit l'attaque à Kaga Bandoro, à 300 km au nord de Bangui. Il a réussi à échapper à ses agresseurs, mais son chauffeur, son assistant et le maire de la ville ont été capturés.

Par ailleurs, dans les villes de N'Délé et de Bria, d'autres délégations ont "été refoulées" ou sont "dans des situations délicates", selon les sources de France 24.

D'après Tatiana Mossot, le ministre Armel Sayo aurait été enlevé en raison de sa position de ministre, mais ses proches soulignent aussi qu'il possède la double nationalité centrafricaine et française.

>> À lire sur France 24 : "Recrudescence des enlèvements dans un Bangui sous tension"

Tatiana Yangeko a indiqué qu'Armel Sayo ramenait en voiture sa femme et son frère de l'église, lorsque les quatre inconnus ont fait arrêter leur véhicule, dans le 8e arrondissement de la capitale, ont tiré des coups de feu en l'air et kidnappé le ministre. "Ils sont sortis du taxi, ont tiré en l'air et contraint le ministre à descendre de voiture. Puis ils se sont enfuis avec lui, en direction de Boy Rabe", a déclaré la porte-parole en faisant allusion à un fief des milices chrétiennes anti-balaka.

Cellule de crise à Bangui

Selon Tatiana Mosso, "des revendications auraient été faites auprès des proches d'Armel Sayo à Bangui. Le gouvernement centrafricain est actuellement réuni en conseil de sécurité, une cellule de crise à laquelle a pris part l'archevêque de Bangui. Comme pour l'ex-otage française du début de semaine, il y a une médiation. Un contact a déjà été pris avec les ravisseurs qui seraient, selon toutes les informations, des anti-balaka".

Cette semaine, Claudia Priest, une humanitaire française de 67 ans qui était en mission en Centrafrique, avait été enlevée lundi, avant d'être libérée vendredi.

La République centrafricaine est déchirée par les affrontements entre anciens rebelles musulmans de la Séléka et miliciens chrétiens "anti-balaka", qui ont fait des milliers de morts et près d'un million de déplacés.

La France a décidé de retirer progressivement ses troupes de la République centrafricaine, où les soldats de la Minusca (Mission des Nations unies en République centrafricaine) sont en cours de déploiement.

Avec Reuters

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