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Rescapés de la Shoah, autres laissés-pour-compte de la société israélienne

Hadasa Hershcovichi, rescapée de la Shoah, dans son appartement à Tel Aviv  le 24 janvier 2015
Hadasa Hershcovichi, rescapée de la Shoah, dans son appartement à Tel Aviv le 24 janvier 2015 France 24

Il y a 70 ans, l'Armée rouge libérait le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, désormais situé en Pologne. Un quart des 200 000 survivants de la Shoah installés en Israël vivraient aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté.

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Quelques mètres carrés. C’est la taille de la pièce dans laquelle vit Hadasa Hershcovichi, Israélienne d’origine roumaine rescapée de la Shoah, aujourd'hui âgée de 80 ans. “Je ne vais pas bien," dit-elle d’une voix tellement faible qu’elle est à peine audible. "J’ai attrapé froid et mon épaule me fait mal depuis que je suis tombée dans l’escalier.”

Sans la nourriture et les médicaments apportés par les volontaires de l’Association pour l’aide immédiate aux rescapés de la Shoah, Hadasa n’aurait probablement pas passé l’hiver.

La honte d'Israël

Hadasa Herschcovichi incarne ce que certains dans l’État hébreu appellent “la honte d’Israël.” Car le système israélien de redistribution des fonds pour les survivants de la Shoah est d’une complexité qui confine parfois à l’absurde, laissant sur le carreau quelque 50 000 rescapés.

Née en Roumanie, alors alliée de l’Allemagne nazie, elle a six ans en 1941 quand sa famille est assassinée sous ses yeux. Elle parvient à échapper à la Shoah et, comme des milliers d’autres juifs européens, émigre en Palestine en 1948, l’année de la création de l’Etat d’Israël.

Aujourd’hui, Hadasa Herschcovichi perçoit 460 euros par mois au titre des compensations financières pour les survivants de la Shoah. C’est peu mais elle n’est pas la plus mal lotie. La majorité de celles et ceux qui viennent comme elle de Roumanie et n'ont pas été déportés dans les camps nazis n'ont droit à rien.

“Le gouvernement israélien divise l’argent comme bon lui semble et il l’alloue comme il le souhaite, s’insurge Susan Rotem, bénévole de l’ l’Association pour l’aide immédiate aux rescapés de la Shoah. Apparemment il n’a pas jugé que Hadasa mérite davantage d’aide. Tout ça c’est de la bureaucratie. Je n’y comprends rien et ça me rend folle.”

Survivre grâce à la générosité des bénévoles

Aujourd’hui, Hadasa Herschcovichi vit dans ce qui n’est ni plus ni moins qu’une cabane perchée sur le toit d’un immeuble de quatre étages dans le centre ville de Tel Aviv. L’endroit a servi de buanderie pendant des années jusqu’à ce que les habitants acceptent que la vieille dame en fasse sa maison. Les fenêtres sont bourrées de papier journal pour l’isoler des courants d’air.

Bien que des bénévoles de l’association aient réparé le toit l’année dernière, il y a encore des fuites. “Il y a de la moisissure partout,” dit Hasada Herschcovichi. “Hadasa ne demande pas grand chose" ajoute Mme Rotem. Elle a juste besoin d’un petit appartement convenable dans un endroit où elle n’a pas besoin de monter autant d’escaliers pour rentrer chez elle.”

Pour améliorer l’ordinaire de la vieille dame, elle a apporté des fraises qu’elle a achetées sur ses “propres deniers.” Comme Susan Rotem, des centaines de membres de l'Association pour l’aide immédiate aux rescapés de la Shoah offrent de leur temps et de leur argent afin d’aider les survivants, dont la moyenne d’âge est de 80 ans.

“C’est comme s’ils étaient une gêne pour notre gouvernement qui attend simplement qu’ils disparaissent, ” accuse la bénévole.

www.helpsurvivors.org

https://www.facebook.com/pages/Help-Holocaust-Survivors/347540138607967
 

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