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La Libye, nouveau terrain d’action de l’EI ?

L'hôtel Corinthia à Tripoli, attaqué, le 27 janvier 2015, est connu pour accueillir des diplomates, des responsables libyens et des étrangers.
L'hôtel Corinthia à Tripoli, attaqué, le 27 janvier 2015, est connu pour accueillir des diplomates, des responsables libyens et des étrangers. Mahmoud Turkia, AFP

L'attaque contre l'hôtel Corinthia à Tripoli, mardi, a été revendiquée par l'organisation de l'État islamique. Il s'agit du troisième attentat perpétré par le groupe en Libye en deux mois, signe qu'il élargit son champ d'action.

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L’organisation de l’État islamique a revendiqué, mardi 27 janvier, l’attaque contre un hôtel du centre de Tripoli, qui a fait neuf morts dont cinq étrangers. Après avoir fait exploser une voiture piégée devant l'établissement, trois hommes armés ont pénétré dans l'hôtel. L'attaque s'est achevée en milieu d'après-midi avec la mort des trois assaillants, qui ont déclenché les ceintures explosives, alors qu'ils étaient "encerclés" au 24e étage.

"C’est une branche libyenne qui a prêté allégeance à l’organisation de l’État islamique, au début, dans la ville de Derna [au nord-est de la libye, ndlr]", explique Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes à France 24. "Et on sait aujourd’hui, qu’il y a une autre branche tripolitaine, très active à Syrte [au nord-est de la capitale, ndlr], et qu’ils ont les moyens de frapper au cœur de Tripoli", poursuit-il.

L’organisation de l’État islamique installée en Libye

La revendication par l’EI laisse à penser que la Libye pourrait devenir un nouveau terrain d’action de l’organisation jihadiste. D’autant que, comme le rappelle Marine Casalis, correspondante de France 24 à Tunis, il s’agit du troisième attentat revendiqué par l’organisation en l’espace de trois mois. Et de noter que "selon plusieurs observateurs, l’EI intensifie ses actions dans le pays".

Pour Armelle Charrier, analyste de politique internationale, une telle revendication n’a rien d’étonnant. "C’est tout à fait crédible puisque l’EI est installé en Libye", explique-t-elle. "La Libye qui est dans une situation chaotique, est un endroit extraordinaire pour des terroristes en puissance, pour plusieurs raisons, notamment pour sa proximité avec le Sinaï en Egypte, ou l’Algérie et la Tunisie, où d’autres groupes armés ont prêté allégeance à l’Etat islamique", précise Armelle Charrier. "Mais aussi pour sa situation géographique et sa façade maritime d’où l’accès vers l’Europe est plus facile et plus dangereux", poursuit-elle.

Elle rappelle en outre, que la ville de Derna, située sur le côte et où vivent 150 000 habitants, est aux mains de l’EI depuis plusieurs mois. Il s’agit du premier territoire contrôlé par l’organisation situé en dehors des frontières du "califat", qui s’étend sur la Syrie et l’Irak. Deux hypothèses peuvent expliquer cela selon Armelle Charrier : "Soit les personnes sur place ont fait allégeance à l’EI, soit des combattants sont venus par la mer renforcer les miliciens de la première heure".

Des camps d'entraînement de l'EI sous surveillance

Début décembre, un général américain avait déjà révélé que les États-Unis surveillaient des camps d’entraînement de l'EI dans l’est de la Libye, où quelque 200 jihadistes se préparaient au combat.

Interrogé pour savoir si ces camps d'entraînement deviendraient une autre cible de l'armée américaine, déjà engagée dans des raids aériens contre l'EI en Syrie et en Irak, le général Rodriguez, chef du commandement de l'armée américaine pour l'Afrique, a répondu par la négative. "Non, pas maintenant. Mais nous devons juste continuer à surveiller et à regarder cela de près à l'avenir, pour voir ce qui se passe et si ça se développe toujours", a-t-il ajouté.

Pour le général quatre étoiles, les combattants de l'EI en Libye ne sont pas des volontaires venus de l'étranger mais des membres de milices qui ont prêté allégeance à ce groupe jihadiste. Les États-Unis et l'Union européenne ont récemment fait part de leur "sérieuse préoccupation" au sujet de la montée de la violence en Libye. Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les autorités de transition n'ont pas réussi à former une armée et à asseoir leur autorité sur les nombreuses milices qui font la loi dans le pays, devenu le théâtre d'attentats réguliers.

Avec AFP

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