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L’armée congolaise lance son opération contre les rebelles hutus des FDLR

Un soldat des Forces armées de la RDC déployé dans le Nord-Kivu, province de l'est de la RD Congo (archives).
Un soldat des Forces armées de la RDC déployé dans le Nord-Kivu, province de l'est de la RD Congo (archives). Junior D. Kamash, AFP

Plusieurs semaines après l’expiration de l’ultimatum sommant les FDLR de déposer les armes, l’armée congolaise a annoncé le lancement d’une opération visant à obtenir par la force la reddition du mouvement rebelle hutu de l'est de la RD Congo.

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La traque est lancée. L'armée congolaise a annoncé, jeudi 29 janvier, le déclenchement d'une offensive contre les rebelles hutus rwandais dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

"Nous lançons ce jour de nouvelles opérations contre les FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda]", a déclaré à la presse le général de l'armée Didier Etumba depuis Beni, ville du nord de la province du Nord-Kivu, déchirée par plus de vingt ans de conflits armés. "C'est une opération des FARDC [Forces armées de la RDC], a ajouté le général, "ce sont elles qui ont fait le plan".

"Nous les traquerons là où ils se trouvent"

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont un groupe armé formé dans les années 2000 pour défendre les intérêts des Hutus rwandais réfugiés en République démocratique du Congo.

Certains de ses chefs sont accusés d'avoir participé au génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda, qui fit 800 000 morts selon l'ONU, d’avoir commis depuis des années en toute impunité de graves exactions contre les civils congolais (viols, meurtres, pillages, enrôlements d'enfants-soldats) et de se livrer à de nombreux trafics, notamment d'or et de charbon de bois.

Considérablement affaiblis, les FDLR n'ont plus lancé d'attaques d'envergure contre le Rwanda depuis les années 2000, mais Kigali les considère toujours comme une menace stratégique pour sa sécurité.

Même si la Monusco reste "un partenaire privilégié" de l’armée congolaise, a précisé le porte-parole de FARDC à "Jeune Afrique", l’opération militaire a été organisée unilatéralement, sans l’aide de la Force de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco).

Pourtant, Depuis l’expiration de l’ultimatum, la communauté internationale faisait pression pour que le président congolais, Joseph Kabila, donne son feu vert au plan d'opération conjoint établi par les FARDC et la Monusco. Le 7 janvier, au cours d’un échange téléphonique, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait même expressément demandé au chef de l’État congolais la mise en œuvre d’une "action décisive" à l’encontre des rebelles. C’est désormais fait mais sans l’aide de l’ONU puisque, de source militaire, Joseph Kabila n'a jamais signé l'ordre d'attaquer conformément au plan conjoint.

Plusieurs experts et diplomates doutent ainsi de la détermination de Kinshasa à lutter contre les FDLR, opposées au régime du président rwandais, Paul Kagame. 

On ignore, pour l’heure, la nature exacte de l’opération. Tout juste sait-on que les manœuvres de l’armée ne se limiteront pas à la traque des FDLR. "Elles s'étendront aux autres forces négatives qui se trouvent sur le même espace que les rebelles rwandais", a indiqué le général Kasongo à "Jeune Afrique". Reste à savoir où les troupes congolaises interviendront. "Nous les traquerons là où ils se trouvent", a sommairement indiqué le porte-parole de l’armée.

"On a laissé faire les FLDR"

Le gouvernement congolais et la communauté internationale avaient donné jusqu'au 2 janvier aux FDLR pour déposer les armes et se rendre, faute de quoi ils s'exposaient à un désarmement forcé. Mais le groupe rebelle n'a pas répondu à cette injonction.

>> À lire sur les Observateurs de France 24 : "Les rebelles FDLR déposent les armes au Kivu : reddition ou communication ?"

Bien qu’ils aient officiellement déposé les armes depuis un an, les insurgés sont régulièrement accusés de se livrer à différents trafics (or et charbon, notamment) en vue de financer des opérations futures.

"Même si le désarmement était une bonne chose, il aurait fallu prendre des dispositions supplémentaires pour qu’on puisse être sûrs que les FDLR ne puissent pas se réorganiser, affirmait le 2 janvier Omar Kavota, vice-président de la société civile du Nord-Kivu. Il y a juste eu un ultimatum, et pendant ce temps, on a laissé faire les mouvements des FDLR sans véritable contrôle", regrette-t-il.

Avec AFP

 

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