ARABIE SAOUDITE

Le blogueur saoudien Raif Badawi échappe une nouvelle fois au fouet

Le blogueur Raif Badawi s'était exprimé dans une émission de France 24, en décembre 2010.
Le blogueur Raif Badawi s'était exprimé dans une émission de France 24, en décembre 2010. Capture d'écran France 24

La flagellation du blogueur Raif Badawi pour "insulte à l'islam", a été repoussée, vendredi, pour la troisième fois consécutive. D'après son épouse, la justice lui reproche notamment des propos tenus sur France 24, en décembre 2010.

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Et de trois. La justice saoudienne a une fois de plus repoussé, vendredi 30 janvier, la flagellation du blogueur Raif Badawi, condamné à 1 000 coups de fouets pour "insulte à l'islam", selon son épouse. Raif Badawi avait subi les 50 premiers coups de fouets le 9 janvier, mais les deux séances suivantes de flagellation avaient été repoussées pour des raisons médicales.

Il "n'a pas été fouetté" vendredi, a déclaré Ensaf Haidar, son épouse réfugiée au Canada avec ses enfants, sans fournir d'autres précisions. La veille, elle avait fait part à l'AFP de ses inquiétudes concernant l'état de santé de son mari, qui souffre d'hypertension depuis son arrestation en 2012. "L'état de santé de Raif est mauvais et il empire".

Entourée de responsables d'Amnesty international, Mme Haidar s'était dite "très inquiète pour lui" car "c'est impossible pour un être humain de recevoir 50 coups de fouet chaque semaine". Au report de la deuxième séance de flagellation, son épouse et Amnesty International avaient affirmé que les plaies des premiers coups de fouet n'avaient pas suffisamment cicatrisé.

>> À voir sur France 24 : Rencontre avec la famille du blogueur saoudien fouetté en public

Coupable de propos tenus sur France 24

Raif Badawi, 31 ans, animateur du site internet "Liberal Saudi Network" et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, est emprisonné depuis 2012. En novembre 2013, il a été définitivement condamné à subir 1 000 coups de fouets, soit 50 par semaine pendant 20 semaines.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, le blogueur demandait la fin de l'influence religieuse dans le royaume, régi par le wahhabisme, une stricte version de l'islam.

Selon l'épouse de Raif Badawi, le procès intenté contre lui portait essentiellement sur des déclarations faites à France 24 en décembre 2010. Il s’était exprimé dans le cadre d’une ancienne émission en langue arabe, "Les Voix du Net".

>> À voir sur France 24 : l’interview de Raif Badawi sur France 24 en décembre 2010 (en Arabe)

À l’époque le blogueur était déjà sous pression des autorités saoudiennes. Dans la vidéo, il explique d’ailleurs qu’il lui est interdit de voyager et qu’il doit changer régulièrement de domicile. "L’homme a le droit de s’exprimer, même l’athée. Il a le droit de dire ce qu'il veut publiquement en déclarant "je suis athée" et personne n'a le droit de lui demander des comptes pour ses opinions", avait-il estimé à l’antenne de France 24. Au cours de la même intervention, il avait également salué les actions de l’ex-souverain saoudien Abdallah. Il "a été un facteur essentiel pour protéger les droits des gens et orienter notre société vers le libéralisme", avait-il ajouté.

Le cas de Raif Badawi a soulevé l'indignation à travers le monde, l'ONU dénonçant une sentence "cruelle et inhumaine". Amnesty International a affirmé qu'il pourrait souffrir de "blessures physiques et mentales à long terme" à cause des flagellations, et qu'il était "en danger".

Avec AFP

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