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Un hebdomadaire marocain justifie son droit de comparer Hollande à Hitler

La une du journal "Al Watan Al An", mercredi 28 janvier.
La une du journal "Al Watan Al An", mercredi 28 janvier. Capture d'écran

En grimant le président français en Hitler, un hebdomadaire marocain a voulu tirer la sonnette d'alarme sur le "danger" qui menace les musulmans de France. Une couverture qui devrait envenimer encore un peu plus les relations entre les deux pays.

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Au lendemain des commémorations de la libération du camp de concentration d'Auschwitz, la une du journal marocain "Al Watan Al An" ne pouvait pas tomber plus mal. L’hebdomadaire n’a pas hésité, mercredi 28 janvier, à grimer en une de son journal le président français en Adolphe Hitler pour dénoncer la hausse des actes islamophobes en France.

"Les Français vont-ils faire subir aux musulmans ce que les nazis ont fait subir aux juifs ?" s’interroge le journal, en couverture, n’hésitant pas à comparer l’extermination programmée des juifs par le régime nazi pendant la Seconde guerre mondiale à la forte augmentation d’actes antimusulmans depuis les attentats parisiens, début janvier.

>> À lire sur France 24 : France-Maroc : Cette brouille qui n’en finit pas

Contacté par France 24, le rédacteur en chef de "Al Watan Al An", Abderrahim Ariri, se défend de tout amalgame. "J’ai choisi ce photomontage moi-même et je l’assume pleinement, a-t-il martelé. Depuis les attentats parisiens, je reçois de nombreux e-mails de mes concitoyens musulmans de France qui me disent qu’ils vivent un enfer […] Ils sont en danger [...] Je veux envoyer un signal fort aux politiques français. Je veux que François Hollande assure davantage la sécurité des musulmans, de leurs lieux de culte […] Sinon, il peut y avoir des dérives."

La réaction du Premier ministre Manuel Valls

Selon l’Observatoire national contre l’islamophobie, 128 actes islamophobes ont été recensés en France entre l’attentat contre "Charlie Hebdo", perpétré le 7 janvier, et le 20 janvier, soit presque autant en deux semaines que sur toute l’année 2014.

Cet article pourrait néanmoins coûter cher au journal. Au Maroc, selon l'article 52 du Code de la presse, "l'offense commise publiquement envers la personne des chefs d’État et leur dignité, les chefs de gouvernement, les ministres des Affaires étrangères des pays étrangers [est puni] d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 10 000 à 100 000 dirhams [1 000 à 10 000 euros] ou de l’une de ces deux peines seulement". Une loi "complètement injuste", selon Abderrahim Ariri qui défend la liberté d’expression de sa profession. "Les journalistes français ont le droit de caricaturer le prophète. Pourquoi je ne peux pas en faire autant avec le chef de l'État français ?"

Cette polémique ne devrait pas aider les deux pays, dont les relations diplomatiques sont exécrables depuis un an, à réinstaurer le dialogue. Le Maroc a notamment suspendu fin février 2014 sa coopération judiciaire et sécuritaire avec la France alors que les deux pays sont engagés dans une lutte contre le terrorisme jihadiste. Et le chef de la diplomatie marocaine a annulé une visite officielle à Paris, la semaine dernière.
 

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