ÉTATS-UNIS

La Cour suprême des États-Unis autorise l’exécution d’un handicapé mental

Robert Ladd, un handicapé mental, a été exécuté jeudi dans la prison texanne d'Huntsville
Robert Ladd, un handicapé mental, a été exécuté jeudi dans la prison texanne d'Huntsville Chantal Valery, AFP

Après avoir interdit par deux fois la peine capitale pour les handicapés mentaux, la Cour suprême des États-Unis a finalement autorisé l'exécution, jeudi, au Texas d'un condamné dont le "retard intellectuel" était établi depuis l’enfance.

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Malgré son handicap mental et un quotient intellectuel d'à peine 67, Robert Ladd a été exécuté par injection létale, jeudi 29 janvier, dans la prison d’Huntsville, seul établissement pénitencier habilité à appliquer la peine de mort au Texas.

Peu avant, la Cour suprême des États-Unis avait rejeté ses deux appels et donné son accord à l'exécution de cet Afro-Américain de 57 ans. Cette décision va à l’encontre de positions précédemment adoptées par la Cour suprême : par deux fois, celle-ci avait interdit la peine de mort pour les handicapés mentaux dans l’arrêt "Atkins v. Virginia" en 2002 et l’arrêt "Hall v. Florida" en 2014.

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En autorisant l'exécution de Robert Ladd, la haute Cour a ainsi tacitement confirmé l'arrêt de la Cour pénale d'appel du Texas, qui s'était rangée à l'avis de l'État texan jugeant "beaucoup trop subjectifs" les critères retenus pour Robert Ladd.

"N'importe où ailleurs dans ce pays, le QI à 67 de M. Ladd aurait signifié la prison à vie, et non la mort", a déclaré Brian Stull, l'avocat de la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU), qui le soutenait.

Sa vie "est pleine de preuves de son handicap intellectuel", a ajouté l'avocat. Dès l'âge de 13 ans, le condamné avait été jugé "de toute évidence retardé" par un psychiatre du Texas. À 18 ans, il avait été pris en charge par un centre spécialisé dans le retard mental et occupé un emploi pour handicapé, selon un document judiciaire.

Robert Ladd avait été condamné à mort pour le viol et le meurtre par strangulation en septembre 1996 d'une jeune femme, dont la maison avait été mise à sac et incendiée. Il se trouvait alors en liberté conditionnelle après 16 années de prison pour avoir tué une femme et ses deux enfants, également dans un incendie.

Cette affaire vient confirmer la voie empruntée par la Cour suprême dernièrement : mardi, elle avait déjà refusé d’annuler l'exécution d'un handicapé mental dans l’État de Géorgie.

Il s'agit de la sixième exécution de l'année 2015 aux États-Unis, dont deux au Texas - l'État champion en la matière, avec 520 condamnés depuis le rétablissement de la peine de mort dans le pays en 1976.

Avec AFP

 

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