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CAN-2015

Tunisie : "Cela ne sert à rien de venir à la CAN, si c'est pour être volé"

Les Tunisiens contestent une décision de l'arbitre Rajindraparsad Seechurn, lors du quart de finale, le 31 janvier 2015.
Les Tunisiens contestent une décision de l'arbitre Rajindraparsad Seechurn, lors du quart de finale, le 31 janvier 2015. Khaled Desouki, AFP

Les Tunisiens ont été éliminés en quart de finale de la CAN après un match des plus agités contre la Guinée équatoriale, samedi. Colère des Aigles de Carthage après que l'arbitre, visiblement en faveur du camp adverse, a sifflé un pénalty imaginaire.

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C'est avec les yeux rougis que les joueurs tunisiens sont apparus à la sortie des vestiaires. Certains, comme Ahmed Akaichi, avaient même du mal à retenir leurs larmes. “C'est dommage, ce n'est pas normal de jouer comme cela”, a-t-il déclaré la gorge serrée. “L'arbitre a tout fait pour que la Guinée gagne !”.

Éliminés de la CAN-2015 par le pays hôte, la Guinée équatoriale, après un quart de finale des plus houleux, les Aigles de Carthage ont bien du mal à cacher leur colère. Alors qu'ils menaient au score dans les arrêts de jeu, l'arbitre de la rencontre, le Mauricien Rajindraparsad Seechurn, a sifflé un pénalty pour une faute inexistante dans la surface. Un coup de sifflet qui a permis au Nzalang Nacional d'égaliser puis de prendre l'avantage en prolongation sur un coup franc, lui aussi très litigieux.

"C'est une injustice"

Pour les Tunisiens, ces décisions de l'arbitre, déjà accusé d'avoir truqué une rencontre entre le Maroc et l'Algérie en 2011, sont tout à fait incompréhensibles. "Lors de Gabon-Guinée équatoriale, il y a eu un pénalty litigieux. Aujourd'hui encore. Je ne sais pas ce qu'il se passe en dehors du terrain, mais ce n'est pas du football. On méritait de gagner 100 fois, mais l'arbitre était contre nous", a regretté le milieu de terrain Wahbi Khazri. Son sélectionneur, Georges Leekens, s'est montré tout aussi écœuré après ce quart de finale. "On ne se sent pas bien", a-t-il répété avec beaucoup d'émotion. Fier de ses joueurs, il regrette de les voir sortir de la compétition de cette manière : "C'est une grande frustration, car on a été meilleurs durant toute la partie. On a eu beaucoup de problèmes, on a tout accepté, mais là c'est une injustice !".

Depuis le début de la compétition, les Tunisiens estiment en effet avoir été handicapés par de graves problèmes d'organisation, notamment lors de leurs premiers matches à Ebebiyin, dans l'est du pays. "Quand on voyait les hôtels des autres équipes, confortables, avec un écran géant et nous on n'avait ni la TV, ni l'électricité ni l'eau. On nous a déplacés dans des minibus sans climatisation pendant trois heures avec des toutes petites places, mais on acceptait", raconte le défenseur Bilel Mohsni. "On s'est dit pour ce soir qu'on allait jouer contre le pays organisateur et qu'il y aurait du monde et de l'ambiance, mais on est tombés sur un arbitre qui était avec eux et cela a détruit la fête".

"L'Afrique n'avance jamais"

Pour ce joueur de l'équipe écossaise des Glasgow Rangers, les footballeurs qui évoluent en Europe vont désormais réflechir à deux fois avant de venir jouer en Afrique : "C'est ma première CAN. C'est à cause de ce genre de match que l'Afrique n'avance jamais", a-t-il souligné. "Cela ne sert à rien de venir en Coupe d'Afrique si c'est pour être volé sur un match qu'on mérite de gagner". Un avis partagé par Wahbi Khazri, membre des Girondins de Bordeaux, qui estime que c'est une très mauvaise image pour le continent : "C'est censé être une grosse compétition comme le championnat d'Europe ou la Coupe du monde, mais cela n'a pas le même niveau du tout, quand je vois de l'arbitrage comme ce soir".

Malgré tout, les Tunisiens veulent rester sur une note positive. Cette épreuve aura permis de renforcer leur cohésion. "On a fait un bon mois. Il y a un bon groupe. Un bon état d'esprit. C'est juste l'arbitre qui a été meilleur que nous aujourd'hui. C'est lui l'homme du match", a résumé Wahbi Khazri. De retour dans leurs championnats respectifs dès la semaine prochaine, les Aigles de Carthage vont quand même suivre le reste de la compétition et soutenir la dernière équipe maghrébine encore en lice, l'Algérie. "Je leur souhaite que du bonheur. J'espère qu'ils vont gagner la CAN", conclut Bilel Moshni. "Je leur souhaite juste de ne pas jouer contre la Guinée équatoriale [...] Bonne chance aux équipes qui vont la rencontrer, cela va être difficile".

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