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Londres autorise la conception de bébés à partir de trois ADN

Sur ce document, on peut voir la micro-injection par pipette d'un spermatozoïde dans un ovocyte.
Sur ce document, on peut voir la micro-injection par pipette d'un spermatozoïde dans un ovocyte. Marcel Mochet, AFP

Les députés britanniques ont autorisé mardi la conception de bébés à partir de trois ADN différents, afin d'éviter la transmission de certaines maladies graves. Les premiers bébés conçus grâce à cette technique pourraient naître en 2016.

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Le Royaume-Uni est le premier pays au monde à valider ce procédé. Mardi 3 février, les députés britanniques ont donné leur feu vert à la conception de bébés à partir de trois ADN différents. Cette décision, approuvée par 382 élus tandis que 128 ont voté contre, doit encore être validée par la Chambre des Lords le 23 février, une étape considérée comme une simple formalité.

Les femmes qui voudront pratiquer cet acte devront en demander l'autorisation à l'organisme britannique responsable en matière de bioéthique, le Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA).

Les premiers bébés nés de cette technique qui combinera les ADN de deux femmes et d'un homme pourraient ensuite naître dès l'automne 2016.

Ce procédé ne pourra concerner que les bébés qui risquent de se voir transmettre par leur mère un dysfonctionnement mitochondrial. Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec cette affection, exclusivement inoculée par les femmes.

Les mitochondries sont des petits organites (structures spécialisées) présents dans les cellules qui transforment le glucose en molécule énergétique. Défectueuses, elles provoquent un déficit énergétique pour l'organisme et sont responsables de maladies dégénératives graves telles que le diabète ou la myopathie.

Une décennie de recherches complexes

Cette technique est considérée comme une avancée majeure par ses défenseurs, mais ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique et de la population. Les opposants estiment qu'elle va trop loin en matière de modification génétique et ouvre la boîte de Pandore de la sélection des bébés.

Pour le Dr Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust, une fondation médicale qui finance la recherche, "c'est un vote de confiance envers les patients, les scientifiques, les médecins et les responsables de l'éthique qui ont travaillé dur pendant une décennie pour expliquer ces recherches complexes aux politiciens, aux gens et aux médias".

Le professeur René Frydman, père scientifique du premier bébé éprouvette français, s'est montré quant à lui très réservé, jugeant ce procédé insuffisamment testé.

"Avec cette thérapie germinale, on modifie le génome, on introduit 1 % d'un génome qui vient d'ailleurs et on ne sait pas quel impact cela risque d'avoir", a-t-il dit à l'AFP, craignant par ailleurs qu'elle serve aussi à faciliter les grossesses tardives.

Avec AFP
 

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