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Boko Haram : offensive du Tchad et du Cameroun à la frontière nigériane

Des soldats tchadiens réunis le 1er février à proximité de la ville nigérianne de Gamboru
Des soldats tchadiens réunis le 1er février à proximité de la ville nigérianne de Gamboru AFP

Les soldats camerounais ont affronté des membres de Boko Haram à la frontière avec le Nigeria, mercredi matin. La veille, des soldats tchadiens ont repris aux islamistes la ville nigériane de Gamboru, tuant 200 d'entre eux.

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De violents combats ont opposé, mercredi 4 février au matin, des soldats camerounais à des membres de la secte Boko Haram dans la ville de Fotokol, à la frontière camerouno-nigériane. Le face-à-face a pris fin en milieu de matinée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les combattants islamistes, qui venaient de la ville nigériane de Gambaru, sont entrés dans Fotokol tôt mercredi matin et ont tué une centaine de personnes dans la mosquée, a déclaré à Reuters un responsable local.

Des habitants et des sources sécuritaires ont également fait état de civils égorgés dans cette ville du nord du Cameroun. La grande mosquée a en outre été incendiée par les islamistes de Boko Haram, selon ces sources.

"Les civils (tués) sont nombreux, presque 70. Les militaires sont au nombre de six. Les BH (Boko Haram) sont couchés partout", avait d'abord affirmé une source sécuritaire présente à Fotokol.

"Les gars [de Boko Haram] sont entrés ce matin. Les combats entre eux et nos soldats sont très forts", déclarait en début de matinée une source sécuritaire camerounaise établie à Fotokol. "Des personnes qui se sont enfermées chez elles me disent qu'elles ne savent pas quoi faire pour en sortir", indiquait une autre source proche des service de sécurité.

Ratissage à Gamboru

De l'autre côté de la frontière, dans la ville nigériane de Gamboru, totalement désertée par la population, l'armée tchadienne a lancé simultanément une opération de ratissage contre les islamistes de Boko Haram, a rapporté un témoin à France 24. Une information confirmée par un journaliste de l'AFP présent sur place. Des tirs nourris d'armes automatiques retentissaient dans la ville.

"Quand les Tchadiens sont entrés [mardi] à Gamboru, les [combattants de] Boko Haram qui se trouvaient dans cette ville et dans certains villages ont contourné [Gamboru] pour se retrouver ce matin à Fotokol", a expliqué une source sécuritaire camerounaise.

Un pont d'à peine 500 mètres sépare en effet Fotokol de Gamboru. À partir de certains villages frontaliers nigérians situés près de Gamboru, il est donc possible d'entrer aisément à Fotokol.

Carte de Gamboru et Fotokol

De nombreux islamistes étaient présents depuis des mois dans ces villages nigérians. Jusqu'à présent, leurs diverses tentatives d'incursion à Fotokol avaient toujours été repoussées.

L'armée tchadienne subit des pertes

Mardi, l'aviation tchadienne a pilonné les positions des islamistes à Gamboru. Des combats au sol ont opposé islamistes nigérians et soldats tchadiens, mais ces derniers ont pris le dessus et ont pu entrer à Gamboru où ils ont passé leur première nuit en territoire nigérian.

"Après les combats, j'ai vu six corps de soldats tchadiens [au niveau de Fotokol]. Il y avait beaucoup de blessés", a témoigné une source sécuritaire camerounaise présente mardi dans cette ville. Neuf soldats tchadiens et 200 islamistes de Boko Haram ont été tués dans ces combats selon l'état-major tchadien.

L'armée nigériane, qui n'arrive pas à enrayer seule l'expansion militaire de Boko Haram, a déclaré que la présence de troupes tchadiennes ne remettait pas en cause "l'intégrité territoriale du Nigeria", à dix jours de l'élection présidentielle prévue dans le pays.

Les précisions de notre correspondante à Lagos

Les Tchadiens, venus pallier l'inefficacité de l'armée nigériane, ont aussi massé des troupes à la frontière entre le Niger et le Nigeria, à proximité immédiate de bastions de Boko Haram.

Avec AFP

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