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MEXIQUE

Le mystère des 60 cadavres d'un crématorium abandonné d'Acapulco

AFP
4 mn

Les autorités mexicaines ont découvert vendredi une soixantaine de cadavres dans un crématorium privé abandonné de la ville touristique d'Acapulco, dans le sud du pays. Des corps d'hommes, de femmes et d'enfants ont été retrouvés.

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On craignait une nouvelle affaire macabre de cartels de drogues, il n’en serait rien. La découverte de soixante cadavres vendredi 6 février dans un crématorium abandonné de la ville touristique mexicaine d'Acapulco, serait en fait le résultat d’une probable négligence sanitaire, ont indiqué les autorités judiciaires locales.

Cet établissement dirigé par un certain Guillermo Estua Zardain, activement recherché, était fermé depuis plusieurs mois "pour faillite ou fraude envers les débiteurs" a souligné le parquet.

L'annonce de cette découverte macabre avait fait craindre un nouvel épisode des violences des narcotrafiquants dans l'État du Guerrero comptant le plus fort taux d'homicide dans le pays. C'est dans cette région qu'en septembre 43 étudiants avaient disparus, probablement massacrés par le crime organisé, selon les autorités fédérales.

Dans le cas présent, l'enquête s'oriente plutôt vers des délits "contre le respect des cadavres ou des restes humains, contre les normes d'inhumation et d'exhumation et d'atteinte aux morts". Reste à comprendre le mobile. Pourquoi ces corps n’ont-ils pas été incinérés ? À quoi pouvaient-ils servir ?

Des corps recouverts de chaux

Parmi eux, des cadavres "parfaitement embaumés" d’hommes, de femmes et d’enfants, "préparés pour leur incinération" ont été retrouvés, précise le parquet de l’État de Guerrero, dans un communiqué publié vendredi après-midi. Les autorités n'ont pour l'instant donné aucun détail sur les causes ni sur les dates des décès.

>> À lire sur France 24 : "Au Mexique, "'le royaume de la loi n’existe plus'"

Mais des corps en décomposition, enveloppés dans des linceuls, ont également été identifiés. Ils ont été empilés, a indiqué un commandant de la police du Guerrero. Selon les experts légistes chargés d'enlever les cadavres, plusieurs dépouilles, posées sur des civières, étaient recouvertes de toiles blanches tachées de sang. Certains corps étaient recouverts de chaux, également répandue sur le sol au milieu de récipients contenant apparemment des produits chimiques et des ustensiles divers.

Des habitants de la zone ont précisé que la forte odeur se dégageant du lieu avait été signalée deux jours auparavant, mais que les autorités ne sont intervenues que jeudi soir. "Nous avons appelé le numéro d'urgence parce que l'odeur était insupportable", a raconté un habitant du secteur.

Plusieurs voisins ont également indiqué qu'ils n'avaient pas constaté la moindre activité irrégulière ou la présence de personnes inconnues au cours des derniers jours."Ici tout est tranquille, je ne savais pas que le crématorium ne fonctionnait plus, mais nous ne voyions plus de gens y entrer ou en sortir", a expliqué un homme.

"J’ai vu le four allumé et ma mère étendue, mais je ne l’ai jamais vue y être introduite"

Interrogé par l'AFP, David Jaimes, qui avait sollicité les services de cette entreprise il y a neuf mois pour sa mère, raconte : "J'ai vu le four allumé et ma mère étendue, mais je ne l'ai jamais vue y être introduite. Je me souviens maintenant, avec mes frères, que la personne qui était là nous a dit : il vaut mieux que vous partiez parce que c'est un endroit dangereux. Alors maintenant, nous sommes accablés par l'incertitude".

Karina Garcia Jacinto avait payé le service de crémation de son père, Heriberto Garcia Guzman en décembre dernier. En apprenant la découverte des cadavres non incinérés, elle s'est rendue auprès des services de la morgue avec le certificat de décès de son père. "C'est l'inquiétude qui nous amène ici, pour voir si ce sont nos proches, en ce qui me concerne, mon papa".

Un important dispositif policier avait été déployé jeudi soir dans la zone située près de la partie touristique d’Acapulco, une des villes les plus touchées par la violence qui frappe le Mexique.

Avec AFP

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