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SwissLeaks : chez HSBC, un vaste système de fraude internationale

Andrew Cowie, AFP

Le quotidien français "Le Monde" révèle lundi un vaste système de fraude bancaire impliquant la banque britannique HSBC à Genève. Des centaines de milliers de clients, dont des Français, ont ainsi tenté d'échapper au fisc.

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SwissLeaks. C’est le nom qui a été donné par "Le Monde" à ses révélations sur un système international de fraude bancaire impliquant la filiale suisse de la banque britannique HSBC. Selon le quotidien français, HSBC Private Bank a accepté, voire encouragé, une "gigantesque fraude à l'échelle internationale" portant, pendant la seule période de novembre 2006 à mars 2007, sur la somme de "180,6 milliards d'euros qui auraient transité, à Genève, par les comptes de plus de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore".

"Le Monde" et plusieurs médias internationaux ont exposé dimanche la face cachée du secret bancaire en Suisse, après avoir eu accès aux données soustraites par un informaticien, Hervé Falciani, ex-employé de la banque HSBC à Genève. Pendant de nombreuses années, ces informations n'étaient connues que de la justice et de quelques administrations fiscales, même si certains éléments avaient filtré dans la presse.

"Le Monde" a depuis eu accès aux données bancaires de plus de 100 000 clients, et a mis les informations à la disposition du Consortium des journalistes d'investigation (ICIJ) à Washington, qui les a partagées avec plus de 50 autres médias internationaux, dont le "Guardian" au Royaume Uni ou la Süddeutsche Zeitung en Allemagne.

Les données, analysées par quelque 154 journalistes, portent sur la période allant de 2005 et 2007. Des milliards auraient transité sur ces comptes à Genève, cachés entre autres derrière des structures offshore au Panama et dans les îles vierges britanniques.

Profils disparates

De nombreuses personnalités sont impliquées, a expliqué "Le Monde" qui n’hésite pas à révéler des noms, illustrant les différents visages des clients.

Pour ce qui est de la France, "Le Monde" cite ainsi l'humoriste Gad Elmaleh, qui disposait, d'après le journal, d'un compte faiblement approvisionné à Genève, avec un peu plus de 80 000 euros entre 2006 et 2007. Selon les informations du journal, il aurait régularisé sa situation auprès du fisc français.

Il mentionne ensuite Jacques Dessange, fondateur d'un empire de la coiffure, qui possédait un compte dans la filiale suisse de HSBC sur lequel il aurait eu jusqu'à 1,6 million d'euros entre 2006 et 2007, selon les fichiers auxquels le journal a eu accès. Lui aussi fait partie des clients qui ont depuis régularisé leur situation et s'est acquitté d'une amende, précise Le Monde.

Les données analysées font ressortir des profils très disparates, allant du chirurgien français venu placer ses honoraires non déclarés en Suisse aux célébrités et aux sportifs. Certains ont également reçu le compte en héritage.

Tête couronnées et politiques corrompus

La France n’est pas le seul pays concerné. Parmi les noms cités dans les différents médias figurent notamment le roi du Maroc Mohammed VI ou le roi de Jordanie Abdallah II. S'y ajoutent de nombreuses personnalités de la mode telle que le mannequin Elle McPherson ou la créatrice Diane von Fürstenberg, du spectacle à l'instar de l'actrice Joan Collins ou encore du sport comme le coureur automobile Valentino Rossi.

Le quotidien suisse "Le Temps", un des journaux partenaires pour ces révélations, a mis l'accent sur les personnalités politiquement exposées, évoquant entre autres Rami Makhlouf, cousin du président syrien Bachar al-Assad.

Il cite également l'ancien ministre haïtien Frantz Merceron ou encore l'ancien ministre égyptien du Commerce et de l'industrie Rachid Mohamed Rachid, qui avait été condamné à cinq ans de prison en juin 2011 pour abus de biens sociaux issus des fonds pour le développement du pays.

Dans un communiqué de quatre pages, HSBC met ces pratiques sur le compte du fonctionnement du système bancaire privé suisse, qui a longtemps cultivé le secret, "ce qui pourrait avoir eu pour conséquence qu'un certain nombre de clients pourraient ne pas avoir totalement respecté leurs obligations fiscales".

Elle ajoute que sa filiale suisse a subi ces dernières années une "transformation radicale" et que ces pratiques de fraude fiscale ne sont plus d'actualité. "Nous admettons et nous assumons la responsabilité des défaillances passées en matière de respect des règles et de procédures de contrôle", a encore réagi la banque britannique dans un communiqué.

 

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