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Economie

L'Équateur devient le premier pays à se doter d'une monnaie électronique

© Rodrigo Buendia, AFP | Rafael Correa affirme que la monnaie électronique Sistema de Dinero Electronico introduira davantage de justice sociale.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 11/02/2015

Le Sistema de Dinero Electronico, première monnaie électronique soutenue par un État, permet depuis février de payer des taxis en Équateur. Quito veut généraliser l'emploi de cette nouvelle devise destinée en priorité aux plus pauvres.

L’Équateur compte reléguer les billets de banque et autre pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes au placard. Progressivement, ce pays d’Amérique du Sud veut faire du Sistema de Dinero Electronico (SDE - Système d’argent électronique) un moyen de paiement complémentaire du dollar américain, qui est la devise officielle depuis 2000. Il devient, ainsi, le premier État au monde à promouvoir l’utilisation d’une monnaie dématérialisée, gérée par les autorités publiques.

Et le plan du gouvernement socialiste de Rafael Correa débute par les taxis. Depuis le début du mois de février, il est possible de régler sa course en SDE dans tout le pays. Il suffit d’avoir ouvert un compte auprès de la Banque centrale équatorienne et de disposer d’une smartphone. Le paiement se fait ensuite en quelques clics. À compter du 15 février, les Équatoriens pourront utiliser ce nouveau mode de paiement pour d'autres services qui doivent encore être sélectionnés par l’État. Ils auront, en outre, le droit de s’envoyer de l’argent entre eux. Fin 2015, il devrait être possible de régler ses impôts et autres taxes grâce au SDE

Pas du bitcoin

Ça ressemble à du bitcoin, ça a le goût du bitcoin, mais pourtant ce n’en est pas. L’association d’idée avec la célèbre monnaie électronique qui défraie la chronique depuis deux ans se fait d’autant plus aisément que Quito a, justement, interdit l’utilisation du bitcoin en juillet 2014 pour préparer le terrain à son propre moyen de paiement dématérialisé.

Contrairement au bitcoin, monnaie totalement décentralisée, la nouvelle devise équatorienne est gérée par la banque centrale. Il ne dépend pas non plus d’une autre monnaie, alors que le SDE est indexé au dollar à parité égale, c'est-à-dire qu'un dollar équivaut à un SDE. Son cours variera donc en fonction des fluctuations du billet vert et la banque centrale ne pourra pas laisser circuler davantage de cette nouvelle monnaie qu’elle n’a de dollars en réserve.

Surtout, le Sistema de Dinero Electronico est avant tout un instrument politique. En janvier 2014, lorsque Rafael Correa a dévoilé son projet de monnaie électronique, il l’a présenté comme un outil de justice sociale. Dans un pays où, d’après la Banque mondiale, près de 40 % de la population n’a pas accès au système bancaire, ce serait l’outil idéal pour "réduire l’exclusion financière", d’après la BCE.

Cette monnaie électronique doit permettre aux plus démunis d’ouvrir un compte sans avoir à payer les frais de gestion traditionnels associés à un compte en banque. Il suffit de répondre à trois questions envoyées par SMS sur son téléphone portable - plus de 90 % de la population en est muni - et le tour est joué. Le gouvernement a même pensé à rédiger les questions aussi en quechua, une langue parlée par certains des Équatoriens les plus pauvres.

Pour les pauvres ou pour la "dé-dollarisation" ?

L’État a, également, tout intérêt à favoriser le succès du SDE. Il pourrait devenir une source de précieuses économies, a indiqué à la chaîne américaine CNBC, Diego Martinez, un économiste et conseiller au président Rafael Correa. Le pays dépense, en effet, trois millions de dollars par an pour changer les vieilles coupures usagées par des nouveaux billets verts. Ce coût "d’entretien" pourrait baisser sensiblement si la population ne payait plus que par smartphone.

Certains, comme l’économiste américain Lawrence White, pensent que le gouvernement socialiste équatorien aimerait surtout en finir avec le dollar comme devise officielle du pays. "Il n’y a pas de raison économique valable, autre qu’ouvrir la voie à la 'dé-dollarisation' de l’économie, pour que l’État crée sa propre monnaie électronique", assure-t-il sur le blog "Free Banking". L’argument de défendre les pauvres ne vaut rien, d’après lui : "Il suffisait de promouvoir le bitcoin qui aurait très bien pu faire l’affaire".

Le site d'actualité économique argentin Infobae ajoute qu’il n'est pas illogique qu'un président socialiste en Amérique du Sud veuille s'affranchir du billet vert. Pourtant Rafael Correa a répété que la nouvelle monnaie n’avait pas vocation à court ou long terme de prendre la place du dollar.

Mais le chef d’État équatorien peut difficilement affirmer le contraire. Actuellement, plus de 90 % des Équatoriens sont favorables au maintien du dollar comme monnaie officielle, rappellent plusieurs médias locaux. Le passage au billet vert à mis fin à l’inflation galopante qui a fait vaciller l’économie nationale dans les années 1990. La hausse des prix était passée de 90 % en 2000 à 9 % deux ans plus tard. "Le dollar est une monnaie en laquelle la population a confiance", souligne Infobae. Reste à savoir si les Équatoriens feront également confiance au SDE. Jusqu’à présent 6 000 personnes, sur une population totale de 15 millions, ont accepté de tester cette monnaie.

Première publication : 10/02/2015

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