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IMMIGRATION CLANDESTINE

Nouveau drame en Méditerrannée : plus de 300 migrants portés disparus

Des migrants recueillis par les garde-côtes italiens au large de Lampedusa, le 10 février 2015.
Des migrants recueillis par les garde-côtes italiens au large de Lampedusa, le 10 février 2015. Guardia Costiera, AFP
4 mn

Plus de 300 migrants, originaires d’Afrique subsaharienne, ont disparu en mer Méditerranée. Ils étaient partis samedi des côtes libyennes, en dépit de l’avis de tempête, pour atteindre l’Italie à bord de bateaux pneumatiques.

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Les drames en mer Méditerranée s'enchaînent. Pendant que 29 migrants mouraient de froid en pleine tempête, dimanche, au large de la Libye, plus de 300 autres, partis en même temps, ont été portés disparus.

Samedi 7 février, plus d’une centaine d'Africains subsahariens quittaient, sur quatre bateaux pneumatiques, une plage de la banlieue de Tripoli, capitale libyenne. Parmi les passagers, des hommes mais également des adolescents.

Les passagers du premier bateau, secourus dimanche par les garde-côtes italiens, sont arrivés lundi à Lampedusa, mais 29 étaient déjà morts de froid. Mercredi 11 février au matin, les garde-côtes ont déposé à Lampedusa neuf autres survivants recueillis par un navire commercial. Deux d'entre eux se trouvaient sur le deuxième bateau et sept sur le troisième.Ces neuf survivants ont confié leur récit au Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

D’après leur témoignage, un bateau a chaviré, l’autre s'est dégonflé et a coulé. Leurs 203 compagnons de bord se sont noyés. En l'absence de nouvelles du quatrième bateau, et compte tenu de la tempête du week-end, l'OIM et le HCR considèrent ses passagers comme portés disparus. "Ils étaient environ 420 au départ, on peut donc estimer le total des victimes à quelque 330", a déclaré à l'AFP Flavio di Giacomo, porte-parole de l'OIM en Italie.

"Sauver ces vies devrait être notre première priorité"

"C'est une tragédie d'une ampleur énorme, qui nous rappelle de manière cruelle que d'autres vies sont en danger si on laisse ceux qui cherchent la sécurité à la merci de la mer. Sauver ces vies devrait être notre première priorité. L'Europe ne peut pas se permettre d'agir trop peu, trop tard", a lancé Vincent Cochetel, directeur du HCR pour l'Europe.

Les deux organisations ont vivement dénoncé l'absence de scrupules de trafiquants ayant obligé les migrants à partir en dépit du mauvais temps qui sévissait déjà samedi et a tourné dimanche à la tempête, avec des vagues de huit mètres et des vents à 120 km/h.

"Ils les ont contraints à embarquer, sous la menace de pistolets et de bâtons, après les avoir dépouillés de tous leurs papiers et leur argent", a expliqué Flavio Di Giacomo, s'emportant contre ces trafiquants qui traitent les migrants "comme des marchandises, surtout ceux d'Afrique noire".

Les organisations redoutent des migrations massives en 2015

Après une année 2014 marquée par plus de 3 200 décès en Méditerranée, cette nouvelle tragédie confirme un début d'année dramatique. Depuis janvier, 86 migrants étaient déjà morts ou portés disparus au large de la Libye, de l'Italie, de Malte, de l'Espagne et de la Turquie.

Ces chiffres macabres risquent de croître. Au vu de l’augmentation massive des arrivées sur les côtes italiennes en janvier - 40 % de plus qu’en janvier 2014 - les organisations spécialisées redoutent en effet des départs massifs dans les prochains mois.

Or, faute de soutien européen, l'Italie a mis fin à la vaste opération de secours baptisée Mare Nostrum, engagée en octobre 2013 après une série de drames. Elle a cédé la place à une opération nettement moins ambitieuse de contrôle des frontières baptisée Triton, sous l'égide de l'agence européenne Frontex.

"L’opération européenne Triton (...) est non seulement conduite sur une zone beaucoup plus restreinte mais elle n’a également pas les mêmes ambitions. La priorité de Triton est le contrôle des frontières et pas de sauver des vies", s'offusque France Terre d'Asile dans un communiqué, demandant à l'Union européenne de prendre des mesures d'urgence.

Avec AFP 

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