Accéder au contenu principal
AFFAIRE CARLTON

Procès Carlton : le jour où DSK s’en est bien tiré

DSK en chemin vers le tribunal de Lille pour sa troisieme journée d'audition.
DSK en chemin vers le tribunal de Lille pour sa troisieme journée d'audition. Philippe Huguen, AFP

Dominique Strauss-Kahn a assisté à sa troisième et dernière journée d’audition, jeudi, au tribunal de Lille. Pas franchement mis en danger, le prévenu a affiché sa décontraction.

Publicité

envoyée spéciale à Lille

Le troisième jour de l’audition de DSK dans le procès de l'affaire Carlton était attendu. C'est ce jour là qu'allaient être évoqués les SMS ambigus échangés entre Dominique Strauss-Kahn et Fabrice Paszkowski, un autre prévenu. Ces messages sont en effet l’un des rares éléments pouvant permettre d’établir un rôle important joué par DSK dans l’organisation de rencontres collectives avec des prostituées – et donc de l’accuser de proxénétisme. Mais cette audition-là a déçu les attentes, tant les questions posées à l’ancien directeur du FMI se sont révélées inoffensives, voire absentes.

C’est d’ailleurs un DSK très à l’aise qui s’est présenté à la barre du tribunal de Lille,  jeudi 12 février. "Monsieur, vous envoyez beaucoup de SMS quand même", l’interpelle le président de la cour, Bernard Lemaire. "Oui, c’est plus facile de communiquer comme cela quand on a que cinq minutes de libre", répond l’auditionné.

Dans ces fameux messages, DSK a employé des termes sujets à interprétation pour désigner des compagnes d’un soir : "matériel", "délégation de copines", "petite". Fabrice Paszkowski y a répondu sur le même ton, parlant de "matériel nouveau" ou encore de "meilleures candidatures". "J’ai de très belles nouvelles choses pour le déplacement. Je pars à Courchevel pour tester ce mercredi", écrit-il à DSK.

Décontraction

Des échanges qui auraient pu faire vaciller la défense de DSK, qui affirme depuis le début de l’affaire avoir toujours ignoré que certaines femmes étaient des prostituées. Mais la star du procès Carlton, quelque peu gênée, s’en sort avec un sourire et des excuses, reconnaissant des "formules malvenues". "Dans les SMS, on se lâche plus facilement", donne-t-il.

Il fait même preuve d’arrogance face au manque de pertinence des questions posées par un avocat de la partie civile à la peine. Concernant l'appartement situé rue d’Iéna, à Paris, qui a servi de lieu pour les "parties fines" auxquelles ont pris part des prostituées, l’avocat pense toucher un point sensible.

"Pourquoi avez-vous nié, lorsque vous étiez interrogé par le juge d’instruction, que cet appartement était le vôtre ?" Réponse de DSK : "Car à l’époque, aussi bizarre que cela puisse paraître, j’étais marié." Il affirme ainsi sans hésiter avoir voulu cacher ses activités de libertin à Anne Sinclair.

Du côté du procureur Frédéric Fèvre, et surtout de sa substitute, Aline Clérot, le silence est flagrant. Pourtant, les savoureuses saillies sarcastiques de cette dernière à l'encontre de tous les prévenus ont résonné régulièrement dans le tribunal depuis le début du procès. Pour rappel, le parquet, qu’ils représentent tous deux, avait requis un non-lieu à l’encontre de DSK en 2013, le procureur Frédéric Fèvre ayant lui-même validé ce non-lieu. Le juge d'instruction avait pour sa part établi un avis contraire.

La défense de l'ancien directeur du FMI, constituée des maîtres Frédérique Beaulieu, Henri Leclerc et Richard Malka, si elle a comme à son habitude été sur le qui-vive, a toutefois témoigné d’une certaine décontraction.

À la mi-journée, DSK a finalement quitté la salle d’audience. Il doit y revenir pour le début des plaidoiries, lundi 16 février.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.