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Reporters

Aux sources du jihad en Tunisie

France 24

La Tunisie a beau avoir fait le choix de la démocratie, le pays reste un important pourvoyeur de candidats au jihad. Depuis trois ans, des milliers de jeunes Tunisiens sont partis rejoindre les rangs des islamistes en Syrie ou en Irak. Pourquoi autant de Tunisiens partent-ils faire le jihad ? Comment endiguer ce fléau ? Pendant près d'un an, nos reporters ont enquêté sur ce phénomène.

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Le point de départ de notre reportage était d'essayer de comprendre pourquoi la Tunisie, si souvent décrite comme le seul succès du "Printemps arabe", est l'un des premiers pourvoyeurs de combattants étrangers en Syrie et en Irak. Pourquoi de jeunes Tunisiens décident-ils de partir faire le jihad et comment y parviennent-ils ? Que font-ils sur place et comment certains reviennent-ils ? En somme, nous avons voulu enquêter sur le parcours du combattant jihadiste tunisien.

Pendant plusieurs mois, nous avons tenté d'entrer en contact avec ceux qui étaient de retour. C'est leur conviction et la diversité des profils qui nous ont le plus marqués. Dans leur ancienne vie, beaucoup de ces jeunes poursuivaient des études ou avaient un emploi. Toutes les classes sociales semblent touchées par ce phénomène, certains apprentis jihadistes sont issus de familles aisées.

Les rencontrer est une chose, les convaincre de témoigner face à une caméra en est une autre... Plusieurs d’entre eux ont d'abord accepté, puis refusé. Ce fut un difficile travail de plusieurs mois. Co-réalisateur du reportage, Hamdi Tlili établissait un premier contact.

Choc et incompréhension

Abu Mujahad, un jeune homme de retour de Syrie et actuellement surveillé par la police a finalement accepté de témoigner dans notre reportage. Il vient de passer plusieurs mois dans les rangs de l'organisation de l'État islamique. Pour sa sécurité, nous avons flouté son visage et modifié sa voix.

Nous avons aussi rencontré plusieurs familles, toutes n'apparaissent pas dans notre reportage. Partout, c'est la même peine et le plus souvent, le choc et l'incompréhension. Beaucoup de ces familles tombent des nues en recevant un appel de leur fils depuis l'Irak ou la Syrie.

Nous avons suivi les parents de Hammouda, parti pour Raqqa, en Syrie, il y a quelques semaines. Désemparés, ils tentent par téléphone de faire changer leur fils d'avis et sont même prêts à aller le chercher pour le ramener à la maison. Nous les avons accompagnés de Tunis à Istanbul, puis d'Istanbul à Urfa, à une soixantaine de kilomètres de la Syrie.

Chacune des familles interviewées apporte son élément de réponse. Pour la mère d'Umaya, tué dans les combats en Syrie, ce sont les islamistes d'Ennahda qui ont fermé un œil, voire ont encouragé au jihad. Pour sa sœur, c'est le manque d'encadrement religieux modéré qui rend certains jeunes vulnérables. Pour son père enfin, ce sont les prêches prônant le jihad dans certaines mosquées. Les parents de Hammouda accusent, eux, les vidéos de propagande sur les réseaux sociaux.

Aujourd'hui, de jeunes Tunisiens continuent à partir pour l’Irak ou la Syrie. C’est sans doute l'un des plus grands défis pour les nouvelles autorités de comprendre et d'endiguer ce phénomène.

Un grand reportage de Marine Casalis et Hamdi Tlili, montage Laurent Gaillardon.

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