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Première attaque de Boko Haram sur le sol tchadien

Des soldats tchadiens patrouillent à Gambaru, à la frontière nigériane le 4 février 2015.
Des soldats tchadiens patrouillent à Gambaru, à la frontière nigériane le 4 février 2015. Stéphane Yas, AFP

Pour la première fois, l'organisation islamiste nigériane Boko Haram a lancé, dans la nuit de jeudi à vendredi, une attaque armée en territoire tchadien. Au moins cinq personnes ont été tuées durant ce raid mené près d’un camp de réfugiés.

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Les islamistes nigérians de Boko Haram ont mené, dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 février, leur première offensive connue en territoire tchadien, lors de laquelle au moins cinq personnes ont été tuées, dont le chef d’un canton.

L'offensive s’est déroulée dans la localité de Ngouboua, sur une rive du lac Tchad. Les assaillants, qui ont fait irruption vers 3 h locales, étaient une trentaine, a indiqué à l'agence Reuters une source proche des services de sécurité.

"Le village a été pris d’assaut par des éléments de Boko Haram qui sont venus à bord de quatre hors-bords, a précisé à France 24, le ministre de tchadien de l'Information et de la Communication, Hassan Sylla Bakary. Nos forces de sécurité ont répliqué et détruit les quatre hors-bords. Ceux qui ont pu s’échapper sont actuellement poursuivis. De notre côté, nous déplorons pour le moment un mort et quatre blessés. Il y a deux tués et quatre blessés chez Boko Haram. Et une balle perdue qui, malheureusement, a fauché le chef du canton de Ngouboua." Selon Radio France Internationale (RFI) et Reuters, l’attaque aurait fait une dizaine de morts.

L'armée sur le qui-vive

"L’attaque s’est déroulée à un bras de fleuve du camp de réfugiés de Ngouboua où sont venus se réfugier par milliers des habitants du Nigeria, précise Willy Bracciano, envoyé spécial de France 24 à N’Djamena. L’armée tchadienne était déjà sur le qui-vive, elle savait qu’il pouvait y avoir des infiltrations de Boko Haram. C’est la raison pour laquelle elle a riposté rapidement. Il faut savoir qu’il y a, dans cette région des humanitaires qui viennent en aide aux réfugiés. Lesquels sont en cours de transfert dans un camp plus sécurisé, à quelques kilomètres de Ngouboua."

Le village tchadien de Ngouboua, situé sur une presqu'île à 18 km du Nigeria, accueille plus de 7 000 réfugiés de ce pays qui avaient pour la plupart fui les attaques meurtrières de Boko Haram depuis début janvier. Traversant le lac en pirogue, des milliers de civils se sont ainsi éparpillés sur des dizaines d'îlots tchadiens. Selon le représentant adjoint du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), Mamadou Dian Balde, "l’objectif [de Boko Haram] n’était pas d'atteindre les réfugiés, [mais] plutôt le village" tchadien.

>> À voir dans Le débat de France 24 : "Comment mettre fin à la menace Boko Haram ?"

Ces nouvelles violences interviennent alors que les troupes de plusieurs pays voisins combattent Boko Haram qui opère depuis 2009 au Nigeria. Les affrontements entre la secte islamiste et les forces armées régulières ont déjà fait plus de 13 000 morts et plus de 1,5 million de déplacés.

L’organisation armée contrôle des pans entiers de territoires dans le nord-est du Nigeria et multiplie les raids meurtriers dans des États limitrophes comme au Niger où la ville de Diffa, dans le sud-est, a enregistré cinq attaques depuis le 6 février.

Le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Bénin ont constitué récemment une force de 8 700 hommes afin de lutter contre les tentatives d’expansion de l’organisation islamiste dans la région.

Avec AFP et Reuters
 

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