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Boko Haram : le Nigeria demande aux États-Unis l’envoi de troupes au sol

Rencontre entre John Kerry et Goodluck Jonathan à Lagos, le 25 janvier 2015.
Rencontre entre John Kerry et Goodluck Jonathan à Lagos, le 25 janvier 2015. Akintunde Akinleye, AFP

Dans un entretien accordé au "Wall Street Journal", Goodluck Jonathan demande l'aide des Américains dans sa lutte contre Boko Haram. Le président nigérian demande notamment l’envoi de troupes américaines au sol pour combattre la secte islamiste.

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Dans sa première interview accordée à un média occidental cette année, Goodluck Jonathan a demandé l'aide aux États-Unis pour combattre les islamistes de Boko Haram sur le sol nigérian. "Est-ce qu'ils ne combattent pas l'EI (l’organisation de l’État islamique, ndlr) ? Pourquoi ne viennent-ils pas au Nigeria ?", s'est interrogé, vendredi 13 février, le président nigérian dans les colonnes du "Wall Street Journal". "[Les Américains] sont nos amis. Si le Nigeria a un problème, et bien j'attends des États-Unis qu'ils viennent nous aider."

Selon le journal américain, Goodluck Jonathan a appelé durant l’interview les États-Unis à "envoyer des troupes de combat contre le problème le plus épineux de son pays : l'insurrection islamiste de Boko Haram". Le président du pays le plus peuplé d’Afrique a déclaré qu'il avait demandé aux États-Unis, dès le début de l’année 2014, d’envoyer des soldats ainsi que des conseillers militaires au Nigeria pour combattre la secte islamiste.

"Aucun projet" d’envoyer des troupes américaines au Nigeria, affirme Washington

"Il n'y a, pour l'heure, aucun projet d'envoyer ou d'ajouter de nouveaux soldats américains au Nigeria", a affirmé le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, interrogé lors d'un point presse, vendredi. Le haut responsable a toutefois précisé que les États-Unis projetaient de participer à l'élaboration d'une force multinationale africaine pour combattre Boko Haram. "Les pourparlers ont tout juste démarré", a-t-il précisé.

Ces déclarations de Goodluck Jonathan interviennent après des mois d'expansion militaire et territoriale de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria où la secte islamiste multiplie les attaques sans rencontrer de réelle résistance de la part de l'armée. L'insurrection et sa répression ont fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de déplacés dans le pays depuis 2009.

>> À lire sur France 24 : "La corruption au Nigeria a contribué à l'émergence de Boko Haram"

Dans ce contexte, les élections présidentielle et législatives ont été repoussées de six semaines au 28 mars. Selon le président sortant, qui se présente à sa propre réélection, ce report permettra aux forces de sécurité de repousser les attaquants islamistes qui, affirme-t-il au "Wall Street Journal", reçoivent de "l'entraînement et des fonds" de l’EI.

Une capitale provinciale attaquée samedi par Boko Haram

Sur le terrain, les islamistes de Boko Haram ont brièvement investi la ville de Gombe, samedi. Vers 09H00 locales (08H00 GMT), les islamistes ont fait irruption dans cette capitale régionale du nord-est du Nigeria à bord d'une trentaine de pick-up et sur plusieurs motocyclettes, en tirant à l'arme lourde et en distribuant des tracts appelant les populations à ne pas aller voter aux élections générales, ont affirmé plusieurs résidents joints par téléphone.

Ils ont progressé jusqu'au cœur de la cité, sans rencontrer de résistance des forces de l'ordre habituellement présentes sur place. La ville a été survolée par un avion militaire, qui n'a cependant tenté aucune riposte contre les islamistes, ont affirmé les témoins. Certains résidents, prévenus de leur arrivée par des habitants de zones voisines, avaient quitté les lieux.

En début d'après-midi, les islamistes se sont retirés de Gombe, sans avoir livré de combats, ont assuré des témoins. Depuis leur domicile, certains résidents ont indiqué avoir vu dans les rues de Gombe des patrouilles de soldats nigérians tirant en l'air. "Les balles volent partout. Les soldats tirent n'importe comment", a dénoncé un habitant.

Aucun bilan de ces derniers évènements n'était cependant disponible dans l'immédiat. À la suite de cette incursion, le gouverneur de l'État de Gombe, Ibrahim Dankwambo, a décrété un couvre-feu de 24 heures sur tout le territoire relevant de son autorité, a indiqué son porte-parole.

Avec AFP

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