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Afrique

La Libye, un terrain fertile pour l’implantation d’une branche de l’EI

© AFP/Archives | Capture d'écran d'une vidéo de propagande de l'EI.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/02/2015

Profitant du chaos qui règne en Libye, les jihadistes de l'EI ont trouvé dans ce pays un terrain propice pour y faire prospérer une de leurs branches en dehors de leurs fiefs en Syrie et en Irak. Au grand dam de l'Égypte et de l'Italie.

La montée en puissance de la branche libyenne de l'organisation de l'État islamique (EI), qui a trouvé en Libye, en proie à une anarchie chronique, un terrain propice pour s’étendre dans le Maghreb et sur les bords de la Méditerranée, préoccupe de plus en plus. Notamment l'Égypte voisine et l'Italie, qui suivent la situation avec inquiétude.

Le groupe jihadiste, qui contrôle de larges pans de territoire en Syrie et en Irak où il multiplie les exactions, a commencé vraiment à faire parler de lui en Libye ces dernières semaines, en revendiquant notamment trois attaques, dont une perpétrée le 27 janvier contre l'hôtel Corinthia au coeur de la capitale libyenne.

L’EI exporte ses méthodes

Mais c’est surtout la vidéo diffusée le 15 février par le groupe, montrant la décapitation de ressortissants égyptiens de confession copte en Libye, qui illustre la capacité de l'EI à exporter ses méthodes brutales en dehors de ses fiefs moyen-orientaux. Avec l'exécution des 21 coptes, l'EI "veut montrer au public jihadiste que sa branche en Libye est désormais développée et qu'elle est la plus puissante de toutes les branches en dehors du territoire syro-irakien", indique l'expert Romain Caillet, spécialiste des mouvements jihadistes.

Même si l’EI n’a pas encore d’assise territoriale stable en Libye, comparable à la situation en Syrie et en Irak, les jihadistes qui se revendiquent de l’EI, profitent en particulier du chaos qui prévaut depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011.

Et pour cause, les autorités locales ne parviennent toujours pas à stabiliser un pays mis à mal par l’action de dizaines de groupes d'insurgés lourdement armés aux intérêts opposés et aux idéologies diverses.

Anarchie chronique

Et depuis quelques mois, deux coalitions armées se disputent le pouvoir. La première est conduite par le général Khalifa Haftar, soutenu par le voisin égyptien, qui dit combattre le "terrorisme" dans l'est libyen. Elle est appuyée par le Parlement et le gouvernement reconnus par la communauté internationale.

Le porte-parole des forces de Haftar, a ainsi indiqué que "l'armée libyenne était engagée dans des batailles féroces avec l'EI". "Il y a des cellules dormantes dans chaque ville, qui ont des liaisons directes avec (le chef de l'EI Abou Bakr) al-Baghdadi. Et il y aura d'autres opérations terroristes contre les Libyens ou les étrangers résidents en Libye", a expliqué à l'AFP le colonel Ahmed al-Mesmari, appelant à un soutien de la communauté internationale.

Face à cette coalition, "Fajr Libya" regroupe des milices essentiellement issues de la ville de Misrata (ouest). Elle s'est emparée de la capitale l'été dernier et y a installé un gouvernement parallèle tout en remettant en service le Parlement sortant, le Congrès général national (CGN).

Si elle affirme elle aussi lutter contre "le terrorisme", "Fajr Libya" maintient cependant des liens flous avec des groupes radicaux comme Ansar Asharia (considéré par Washington comme une organisation terroriste) et n'a pas encore reconnu que l'EI était bel et bien présent en Libye. "Fajr Libya" accuse le camp du général Haftar et des partisans de l'ancien régime d'avoir monté un "complot" pour justifier une intervention étrangère qui affaiblirait ses rivaux.

Toujours est-il que ces développements, inquiètent au plus haut niveau les voisins de la Libye comme la Tunisie ou l’Égypte. D’ailleurs Le Caire est déjà passé à l’action puisque l'armée de l'air égyptienne a bombardé tôt dans la matinée de lundi des positions de l’EI en Libye. Les avions libyens ont également participé aux raids contre Derna, petite ville côtière de l'Est libyen qui sert de base aux jihadistes. En outre, le pouvoir égyptien a de nouveau demandé à ce que la coalition formée à l'initiative des États-Unis pour combattre l'EI s'attaque aux jihadistes implantés en Libye.

L’Italie en première ligne

Sur l'autre rive de la Méditerranée, l'Italie est en première ligne face au chaos libyen, situé à moins de 350 km de ses côtes. Rome cherche à mobiliser l'ONU et les Européens pour tenter de ramener un peu de stabilité dans son ancienne colonie, redoutant l'établissement d'un "califat".

"L'Europe a bien compris que, pour elle, le problème ne venait pas de Syrie ou d'Irak, mais de la Libye qui est très proche de ses côtes", souligne l'expert Ahmed Mohamed Nouh, estimant possible une intervention militaire limitée conduite par l'UE. Mais si l'Italie est prête à s'engager militairement, elle ne le fera que dans le cadre de l'ONU et d'une opération de maintien de la paix, a rappelé, ce lundi, le chef du gouvernement Matteo Renzi.

Un diplomate arabe ayant été en poste à Tripoli estime toutefois qu'une "intervention militaire en Libye ne serait pas aussi facile sur un terrain très complexe où se mêlent les intérêts et les appartenances".

"Elle sera sûrement rejetée par Fajr Libya qui entretient des liens douteux avec des groupes islamistes modérés mais aussi radicaux. Ce qui diminuera considérablement les chances de réussite de n'importe quelle coalition même si elle est mandatée par l'ONU", souligne-t-il sous couvert de l'anonymat.

"Mais à ce stade, les Libyens ne peuvent plus décider qui peut intervenir en Libye et comment. La Libye n'est plus un problème libyen", affirme l'analyste Mohamed el-Jareh.

Avec AFP et Reuters

 

Première publication : 16/02/2015

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