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Intervention en Libye contre l'EI : une solution "contre-productive" ?

La ville de Derna, à l'est de la Libye, en 2011.
La ville de Derna, à l'est de la Libye, en 2011. Alessio Romenzi, AFP

Faut-il intervenir en Libye contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique ? Si l’Égypte presse en ce sens, la décision de frapper le pays pourrait être contre-productive, estime Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes.

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Le président al-Sissi est en première ligne contre le terrorisme et l’organisation de l’État islamique (EI). Depuis que les jihadistes de l’EI ont assassiné 21 chrétiens coptes égyptiens, début janvier, le Caire ne cesse de presser la communauté internationale d'intervenir militairement en Libye. Mercredi 18 février, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour réfléchir à cette requête. Mais les pays occidentaux semblent réticents à recourir à la force, préférant, dans l’immédiat, une solution politique.

Il faut dire que les experts, à l’instar de Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes à France 24, s’accordent pour mettre en garde la communauté internationale contre une intervention qui pourrait s’avérer désastreuse.

Contre qui intervenir ?

La communauté internationale considère que le véritable danger en Libye est la montée en puissance de l’EI davantage que le chaos créé par la lutte entre les milices de tout acabit pour le contrôle du pouvoir.

Une intervention militaire viserait à bombarder exclusivement les zones occupées par les combattants jihadistes de l'EI. Mais rien n’est moins simple. Comment les cibler ?

"L’EI n’a pas d’assisse territoriale réelle en Libye, contrairement à la Syrie et à l’Irak. Ses jihadistes contrôlent une partie de la ville de Derna [à l’est de la Libye, bombardée par l’Égypte]. Ils sont présents à Benghazi, à Syrte, et ont revendiqué plusieurs attaques à Tripoli mais ils sont difficiles à cibler. D'une part, parce qu’ils sont présents dans des zones urbaines où vivent des civils. D'autre part, parce qu'il existe beaucoup de factions islamistes et jihadistes en Libye qui, pour certaines, sont en conflit avec l’EI, comme Ansar al-Charia", estime le spécialiste.

Quels sont les risques ?

Une intervention militaire d’envergure pourrait être contre-productive, explique Wassim Nasr : "Face aux bombardements, aux pertes humaines, elle pourrait souder les populations civiles autour des factions jihadistes quelles qu’elles soient."

Sans compter que des bombardements pourraient alimenter l'idée que la Libye est une autre terre de jihad. "Aujourd’hui, les jihadistes appellent clairement ceux qui ne peuvent pas rejoindre la Syrie et l’Irak à rejoindre la Libye. Depuis Syrte, ville dans laquelle ils sont présents, ils ont aussi appelé les Touareg d’Algérie, du Mali et de la Libye à s'allier à eux."

L'expert libyen Ahmed Mohamed Nouh, cité par l'AFP, souligne de son côté la responsabilité de la communauté internationale : "L'Occident nous a trahis en 2011. Il nous a abandonnés [après la chute de Kadhafi]. Maintenant il se sent en danger. C'est l'occasion de se dépêcher pour sauver ce qu'il peut."

"Et, surtout, surenchérit Wassim Nasr, ce n’est pas en menant des opérations extérieures en Libye que la menace terroriste va diminuer en Europe."

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