Accéder au contenu principal

Sida : découverte d'une substance anti-VIH efficace dans la durée

Rassemblement anti-sida à Manille, Philippines, 2012.
Rassemblement anti-sida à Manille, Philippines, 2012. Ted Aljibe, AFP

Des chercheurs américains ont testé sur des singes une substance anti-sida capable de protéger du virus sur une longue durée. Ce "composé", baptisé eCD4-Ig, offre une "très, très forte protection" contre le VIH, explique le professeur Farzan.

PUBLICITÉ

L'expérimentation a été conduite sur des singes, et les résultats sont très encourageants. Des chercheurs américains ont injecté, en une seule fois, un composé baptisé eCD4-Ig à des macaques rhésus. Aucun de ces animaux n'a développé d'infection au sida contrairement aux singes non traités avec eCD4-Ig et utilisés comme témoins.

Après avoir été traités avec ce cocktail, les macaques ont été soumis à des doses de plus en plus fortes de la version singe du virus du sida (SHIV-AD8). La substance anti-sida s'est avérée efficace pendant des mois. Cela pourrait donc dans un futur proche déboucher sur un traitement à effet prolongé contre le VIH pour l'homme.

Protection de huit mois

Plus précisément, les données publiés mercredi 18 février dans la revue scientifique "Nature" montrent une protection efficace pendant au moins huit mois malgré des doses de SHIV quatre fois supérieures à celles ayant suffi à infecter les macaques témoins. Le composé eCD4-Ig offre une "très, très forte protection" contre le VIH, explique le Pr Farzan, qui a dirigé l'étude.

>> À lire sur France 24 : Sida : "Une épidémie silencieuse et oubliée de tous"

"Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre" agissant sur le VIH-1, à savoir le principal type de virus du sida présent dans le monde, décrit le Pr Michael Farzan.

La substance est le fruit de plusieurs années de recherche principalement réalisée par The Scripps Research Institute - centre de recherche à but non lucratif basé en Floride - et financée par l'Institut public de recherche américain sur les maladies infectieuses NIAID.

Double action

La molécule eCD4-Ig agit en empêchant le virus du sida d'entrer dans les cellules du système immunitaire lymphocytes CD4 pour s'y reproduire. Elle neutralise pour ce faire deux récepteurs du VIH qui sont nécessaires au virus pour entrer dans les cellules. Pour assurer cet effet prolongé, eCD4-Ig a été associé à un virus de type adéno-associé (AAV), inoffensif mais capable de s'introduire dans les cellules et de leur faire fabriquer indéfiniment la protéine protectrice afin de créer un effet anti-sida de longue durée.

>> À lire sur France 24 : "Dépister le sida en 15 minutes sur son smartphone"

Ce double mode d'action assure à ce produit une efficacité inhibitrice plus grande contre les différents types de virus du sida, même ceux connus pour être "difficiles à neutraliser", assure le Pr Farzan.

L'expérimentation sera présentée lors de la grande conférence annuelle CROI sur les rétrovirus et infections opportunistes qui se tiendra à Seattle aux États-Unis du 23 au 26 février. À cette occasion, "nous montrerons que ces macaques continuent d'être protégés malgré des doses huit à 16 fois supérieures à la dose infectieuse, plus d'un an après leur traitement", a précisé le Dr Farzan. "Cette protection est bien meilleure que n'importe quelle protection décrite pour des vaccins conventionnels ou non conventionnels", estime ce responsable qui s'attend à un effet protecteur de plusieurs années.

Une protection efficace sans prise d’antirétroviraux

Cette découverte est une excellente nouvelle pour les malades. Les traitements actuels antirétroviraux sont très efficaces pour réduire à néant la charge virale [la quantité de virus présent dans le sang] chez les personnes infectées. Mais ils sont incapables d'éradiquer définitivement le VIH et les traitements doivent être pris à vie.

La stratégie poursuivie par l'équipe du Pr Farzan aurait l'avantage d'offrir une protection durable contre le sida sans l'obligation de prises quotidiennes d'antirétroviraux et sans leurs effets secondaires. Mais "bien sûr, des études supplémentaires sont nécessaires sur la sécurité (du produit, NDLR) aussi bien chez les macaques que chez l'homme" souligne le Pr Farzan.

Avec AFP
 

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.