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La Grèce finit par demander la poursuite de son plan d'aide financière

Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras, mercredi 18 février, lors de l'élection du président grec au Parlement, à Athènes.
Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras, mercredi 18 février, lors de l'élection du président grec au Parlement, à Athènes. Louisa Gouliamaki, AFP

La Grèce a demandé jeudi à l'Eurogroupe l'extension de son aide financière, en contrepartie de certaines concessions sauf sur la poursuite des mesures d'austérité. Pour Berlin, cette requête ne correspond pas aux critères de la zone euro.

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Dans une lettre adressée aux pays de la zone euro jeudi 19 février, Athènes demande à ses partenaires européens une prolongation de six mois de l'aide qui lui est accordée. En échange, la Grèce s'engage à honorer la totalité de ses dettes et à ne prendre aucune mesure unilatérale de nature à compromettre les objectifs budgétaires, selon un document dont Reuters a pris connaissance.

"Les autorités grecques honorent les obligations financières de la Grèce envers tous ses créanciers et expriment notre intention de coopérer avec nos partenaires dans le but d'éviter des problèmes techniques dans le contexte du Master Facility Agreement (le plan de sauvetage en cours, NDLR) que nous reconnaissons comme nous liant tant en ce qui concerne son contenu financier que son volet procédural", indique le document.

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Autre concession offerte à ses partenaires européens, Athènes accepte également que le plan de sauvetage soit supervisé par l’Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). Sans la nommer, la Grèce accepte donc de rendre des comptes à la "troïka", alors même que son Premier ministre Alexis Tsipras n’avait cessé de clamer depuis son élection que ce triumvirat n’existait plus pour le nouveau gouvernement grec.

Cette demande officielle d'Athènes sera discutée jeudi lors d'une téléconférence du groupe de travail Eurogroupe, qui réunit, entre autres, les ministres adjoints des Finances et les banquiers centraux de la zone euro. L'Eurogroupe se réunira pour sa part vendredi après-midi pour examiner la demande grecque, a annoncé jeudi matin son président, Jeroen Dijsselbloem.

Une demande déjà rejetée par Berlin

Le but de la prolongation sollicitée pour six mois est, entre autres, de "faire en sorte, en travaillant en étroite collaboration avec nos partenaires européens et internationaux, que toute nouvelle mesure soit totalement financée, tout en s'abstenant d'une action unilatérale qui compromettrait les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière", lit-on dans le document.

En revanche, le gouvernement grec refuse de se plier au "memorandum" qui est associé au programme d'aide et qui prescrit au pays de rigoureuses mesures d'austérité.

Les premières réactions n’ont pas tardé. Le ministère des Finances allemand a rejeté la demande déposée par la Grèce, estimant qu'elle ne représentait "pas une solution substantielle" et ne répondait pas aux critères fixés par la zone euro.

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"La lettre en provenance d'Athènes n'est pas une proposition substantielle de solution", a ainsi commenté Martin Jäger, porte-parole de Wolfgang Schäuble, ministre des Finances, dans un bref communiqué. "En vérité, elle vise à obtenir un financement-relais, sans remplir les exigences du programme", a-t-il poursuivi.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est montré jeudi nettement plus conciliant que l'Allemagne, estimant que la lettre d'Athènes était un signal "positif" qui ouvrait "la voie à un compromis".

Quelques heures plus tard, c’était au tour de la Grèce de réagir au rejet allemand de sa proposition. "L’Eurogroupe demain (vendredi) a deux options : accepter ou rejeter la demande grecque. Cela laissera apparaître qui veut une solution et qui n’en veut pas", pouvait-on lire dans un communiqué.

Le programme en cours expire le 28 février. Sans ce soutien financier, l'État grec risque de se retrouver en cessation de paiement.

Avec AFP et Reuters

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