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MÉDIAS

Burundi : liesse populaire après la libération du journaliste Rugurika

Manifestations de joie devant le siège de la RPA, à Bujumbura, après l'annonce de la remise en liberté provisoire de Bob Rugurika.
Manifestations de joie devant le siège de la RPA, à Bujumbura, après l'annonce de la remise en liberté provisoire de Bob Rugurika. Esdras Ndikumana, AFP

Toujours accusé de "complicité d'assassinat" de trois religieuses italiennes à la suite de reportages diffusés par sa radio, la RPA, le journaliste burundais Bob Rugurika a été libéré sous caution jeudi matin.

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Des milliers de manifestants se sont réunis à Bujumbura, devant la très populaire radio privée burundaise RPA pour accueillir son directeur Bob Rugurika, tout juste sorti de prison. Inculpé depuis janvier pour "complicité d'assassinat" de trois religieuses italiennes, il a bénéficié d’une remise en liberté sous caution.

La cour d'appel de Bujumbura a accordé à Bob Rugurika une liberté provisoire sous caution de 15 millions de francs burundais (environ 8 000 euros). "Nous sommes satisfaits, même si le dossier reste pendant devant la justice", a déclaré son avocat, Me Lambert Nigarura. "Nous continuons de demander que toute la lumière soit faite sur les vrais assassins des trois sœurs."

Une interview qui implique le parti au pouvoir

Le journaliste avait été arrêté le 21 janvier avant d'être incarcéré dans le centre du pays pour "complicité d’assassinat", "manquement à la solidarité publique", "violation du secret d’instruction" et "recel de malfaiteurs", risquant jusqu’à 20 ans de prison. La justice lui reproche d’avoir diffusé sur sa radio le témoignage d’un homme se présentant comme l’un des assassins de trois religieuses italiennes, remettant en cause la version officielle du pouvoir burundais.

Les faits remontent au mois de septembre 2014, quand trois sœurs italiennes sont retrouvées mortes et mutilées dans des circonstances troubles, dans le couvent de Kamenge, en périphérie de Bujumbura. Les autorités burundaises ont dénoncé l’œuvre d’un "déséquilibré mental".

>> À relire sur France 24 : "Trois sœurs italiennes assassinées au couvent de Kamenge"

Mais l'homme interviewé sur RPA a accusé le général Adolphe Nshimirimana - ancien numéro trois du pouvoir à la tête des renseignements généraux burundais, aujourd'hui chargé de mission à la présidence – d'être impliqué dans ces assassinats. L'affaire concernerait donc directement le parti au pouvoir si les faits étaient avérés.

RPA, la radio des "sans-voix"

En pointe dans la dénonciation des inégalités sociales, du harcèlement politique ou encore des abus de l'administration et des forces de l'ordre, la RPA donne régulièrement la parole aux Burundais qui s'estiment victimes de discriminations ou d'injustice. Elle est surnommée "la radio des sans-voix".

La mobilisation sans précédent suscitée par l’annonce de la libération de son directeur "montre que Bob Rugurika est devenu un symbole de la liberté d'expression", a estimé mercredi le directeur par intérim de la radio, Alain Ntamagendero, se félicitant de la libération de son collègue.

Société civile et médias burundais se sont mobilisés pour la libération du journaliste. Union européenne, États-Unis et organisations internationales des droits de l'Homme avaient aussi demandé sa remise en liberté. Le pouvoir burundais est accusé de restreindre l'espace politique et de chercher à museler les médias et la société civile, à l'approche d'élections générales.

Avec AFP

 

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