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CÔTE D'IVOIRE

À son procès, Simone Gbagbo s'en prend au pouvoir ivoirien et à la France

Simone Gbagbo lors de son arrivée, lundi 23 février, au palais de justice d'Abidjan-Plateau.
Simone Gbagbo lors de son arrivée, lundi 23 février, au palais de justice d'Abidjan-Plateau. Issouf Sanogo, AFP
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Vidéo par : Florent RODO
5 mn

Jugée devant la cour d'assises d'Abidjan pour "atteinte à la sûreté de l’État", l'ex-première dame Simone Gbagbo s'est livrée à une diatribe contre l'actuelle présidence ivoirienne et la France qu'elle accuse d'"ingérence".

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Les attaques ont été vives mais le ton est demeuré serein. "À l'heure où je vous parle, je ne sais pas exactement quels sont les actes matériels qu'on me reproche", a déclaré d’emblée Simone Gbagbo devant la cour d’assises d’Abidjan, où elle était pour la première et unique fois entendue, lundi 23 février.

Accusée d’"atteinte à la sûreté de l’État", la "Dame de fer", comme la surnomment ses concitoyens, était la dernière des 83 accusés à comparaître pour leur rôle dans les violences ayant embrasé la Côte d'Ivoire de décembre 2010 à mai 2011, causées par le refus de son mari Laurent, alors président, de reconnaître la victoire de l'actuel chef de l'État Alassane Ouattara.

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Pour sa première déclaration publique en quatre ans, Simone Gbagbo, 65 ans, s’est livrée à une diatribe enflammée contre la France et le régime ivoirien actuel. Souriante à son arrivée au tribunal, elle a lancé rapidement la polémique. "Laurent Gbagbo est le vainqueur de la présidentielle de 2010", a-t-elle asséné en écho au mantra des caciques pro-Gbagbo jugés dans cette affaire.

"De quoi le président Sarkozy se mêle-t-il ?"

Dans sa robe en pagne à motifs vert et marron, l’ex-première dame ivoirienne, qui fut autant redoutée par ses opposants que vénérée par ses partisans durant les 10 ans de règne de son mari, a ensuite entamé un pilonnage en règle de la France, dont l'armée a permis aux troupes favorables à Alassane Ouattara de renverser Laurent Gbagbo.

"De quoi le président Sarkozy se mêle-t-il ?", s'est-elle interrogée, dénonçant "l'ingérence des autorités françaises" dont l'armée a, selon elle, "bombardé la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours alors qu'aucune résolution de l'ONU ne lui donnait ce pouvoir". Les "troupes rebelles" de "M. Soro [ l'actuel président de l'Assemblée nationale] et d'ADO [Alassane Dramane Ouattara], appuyées par l'ONU et les forces françaises, ont massacré des populations civiles, humilié des représentants de l'État", a-t-elle également accusé.

Lors de son interpellation en avril 2011, Simone Gbagbo était apparue les tresses arrachées et le visage fermé aux côtés d'un Laurent Gbagbo hagard, vêtu d'un simple maillot de corps. "J'ai été battue avec une violence inouïe", a-t-elle indiqué.

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"Comment puis-je être poursuivie sur la base d'une décision politique ? Alors que j'ai respecté la décision du Conseil constitutionnel ?", a-t-elle enfin poursuivi en référence au fait qu’Alassane Ouattara fût déclaré vainqueur par la commission électorale organisatrice du scrutin.

"Justice politique"

Simone Gbagbo est également accusée de "crimes contre l'humanité" par la Cour pénale internationale (CPI), comme son époux qui y sera jugé en juillet. Mais Abidjan refuse le transfèrement de l'épouse à La Haye, assurant que la justice ivoirienne est en mesure de la juger de façon impartiale.

La société civile, qui critique les nombreux ratés de ce procès, dénonce une "justice politique" et une "justice des vainqueurs", aucun cadre pro-Ouattara n'ayant été inquiété alors que les deux camps ont commis des exactions.

La défense de Simone Gbagbo, invoquant une violation de son immunité parlementaire, a demandé une annulation du procès, ce que la cour a refusé. Simone Gbagbo a été députée d'Abobo, un quartier d'Abidjan connu pour être favorable à Alassane Ouattara, de 2000 à 2011.

Avec AFP

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