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FRANCE - SYRIE

Quatre parlementaires français ont parlé "une bonne heure" avec Assad

Bachar al-Assad, le 8 février dernier lors d'un entretien accordé à la BBC
Bachar al-Assad, le 8 février dernier lors d'un entretien accordé à la BBC Sana, AFP
3 mn

Quatre parlementaires français ont rencontré le président syrien mercredi à Damas. Si le Quai d'Orsay récuse tout rapprochement avec la Syrie, cette visite augure forcément d'un réchauffement entre Paris et Damas, selon le député Alain Marsaud.

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Depuis 2012, aucun officiel français n'avait parlé à Bachar al-Assad. C'est chose faite depuis mercredi 25 février où quatre parlementaires français PS, UMP et UDI ont rencontré l'homme fort de Damas. Interrogé par l'AFP, le député UMP des Yvelines Jacques Myard explique qu'ils sont en "mission personelle".

"Nous avons rencontré Bachar al-Assad pendant une bonne heure. Ça s'est très bien passé", a indiqué le député des Yvelines, tout en refusant de préciser la teneur des échanges. "Nous ferons rapport à qui de droit", a-t-il dit. "C'est une mission personnelle pour voir ce qui se passe, entendre, écouter. Ensuite, nous en tirerons des informations".

Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a rappelé à l'issue du Conseil des ministres que cette rencontre était  "une initiative en aucun cas officielle et diplomatique de la France" mais "une initiative personnelle de parlementaires".

Interrogé par France 24, Alain Marsaud, député de la 10ème circonscription des Français de l'étranger qui inclue la Syrie, déplore que "cette rencontre permette à Assad de montrer qu’il est reconnu officiellement par les autorités françaises et donc par la communauté internationale."

Alain Marsaud, qui avait un temps envisagé de participer à ce voyage, avait finalement décliné l'invitation par crainte de mettre la diplomatie hexagonale en porte-à-faux : "C’était tentant d’y aller, surtout pour moi qui m’occupe de 1 200 compatriotes sur place et du lycée français de Damas qu’on essaie de faire fonctionner malgré tout. Il était question de rencontrer des parlementaires syriens et d’autres responsables, mais connaissant le régime syrien, je craignais un guet-apens de Bachar al-Assad."

Pas de concertation avec le gouvernement

Jacques Myard est accompagné de Gérard Bapt (député PS de Haute-Garonne, président du groupe d'amitié France - Syrie à l'Assemblée nationale), Jean-Pierre Vial (sénateur UMP de Haute-Savoie, président du groupe d'amitié France - Syrie au Sénat) et François Zocchetto (sénateur UDI de la Mayenne, président du groupe UDI-UC, membre du groupe France - Syrie au Sénat).

Le Quai d'Orsay s'était déjà fendu d'une mise au point en début de semaine, précisant que la démarche n'avait pas été décidée en concertation avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international conformément au principe de séparation des pouvoirs.

Pour Alain Marsaud, même si il n'y a pas d'élément formel pour l'affirmer, il est difficile d'imaginer "qu'il n'y ait pas eu de feu vert de l’Élysée". "Et puis connaissant le sérieux de M. Bapt, le contraire m’étonnerait grandement", conclut-il.

Un "petite ouverture de fenêtre" avant un rétablissement des relations France-Syrie?

Selon une source gouvernementale à Damas, les parlementaires ont été reçus mardi par le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad et ils devraient s'entretenir avec le chef de la diplomatie, Walid Mouallem, mercredi. Ils ont dîné également avec le mufti de la République cheikh Ahmad Hassoun.

Cette visite de parlementaires français constitue une première depuis la rupture des relations diplomatiques décidée conjointement par la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, en mai 2012.

Pour Alain Marsaud, le gouvernement français a commis une grosse erreur diplomatique en décidant d’une rupture totale des relations. "On a décidé de soutenir des jihadistes contre le système Assad sous le prétexte d’aider l’armée syrienne libre mais celle-ci n’existe pas. Nous avons armé des terroristes, nous avons armé l’État islamique. Ceux qui ont pris cette décision portent une grosse responsabilité."

Et d'appeler à s'inspirer des Américains : "Nous serons bientôt isolés et nous finirons pas suivre les États-Unis", prévient M. Marsaud. "Je vous l’annonce, la France sera l’année prochaine de nouveau en Syrie au côté d’Assad. En ce sens, la mission parlementaire est une petite ouverture de fenêtre qui peut déboucher sur une réouverture future des relations entre la Syrie et la France."

Avec AFP
 

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