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SUR FRANCE 24

"Charlie Hebdo" : "Mahomet n'avait aucune raison de figurer sur cette une"

"Faut qu'on arrête d'être un symbole, il faut qu'on redevienne un journal", a déclaré à France le rédacteur en chef de "Charlie Hebdo".
"Faut qu'on arrête d'être un symbole, il faut qu'on redevienne un journal", a déclaré à France le rédacteur en chef de "Charlie Hebdo". FRANCE 24
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Sept semaines après l'attaque meurtrière dans ses locaux, le dernier "Charlie" est de retour dans les kiosques. Un numéro plus "apaisé" axé sur tous les "emmerdeurs" qui s'en prennent à l'hebdomadaire, explique Gérard Biard, sur France 24.

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"[Le prophète] Mahomet n'avait aucune raison de figurer sur cette une", déclare d'emblée Gérard Biard, le rédacteur en chef de "Charlie Hebdo". À l'occasion de la sortie du dernier numéro de l'hebdomadaire "C'est reparti", l'invité de France 24 a voulu faire savoir que ce "Charlie" revenait à ses fondamentaux. Il n'a pas été axé sur les seuls jihadistes. "Il [met en avant] tous les emmerdeurs qui ne nous ont jamais lâchés [Sarkozy, Marine Le Pen, le pape, les financiers, NDLR]", explique-t-il, "Et Mahomet n'est pas un emmerdeur, c'est une image instrumentalisée [par] des terroristes".

Ses propos sont corroborés par une étude réalisée par deux sociologues dont les résultats sont publiés sur le site du quotidien "Le Monde". Jean-François Mignot et Céline Gofette ont analysé les thèmes des unes de "Charlie Hebdo" de 2005 à 2015, soit 523 éditions, et ils n'en n'ont relevé que sept portant sur l'islam. Et ces chercheurs de conclure : "seuls des extrémistes se revendiquant de l’islam cherchent à museler un journal qui se moque – entre beaucoup d’autres choses – de leur religion"

Les journalistes de l'hebdomadaire, encore sous le choc de la disparition de leurs collègues assassinés, espèrent désormais que leur avenir au sein du journal sera plus serein, que le retour à la "normalité" ne sera pas une gageure. "On travaille comme d'habitude, mais la normalité n'est pas la même qu'avant [...] On est obligé de rester fidèle à ce qu'on a été... On ne peut pas arrêter de commenter l'actualité [même si] aujourd'hui la peur s'est intégrée à la façon de faire le journal".

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Gérard Biard regrette surtout le manque de soutien de certains médias qui, le mois dernier, ont été frileux à l'idée de publier une caricature du prophète - ne serait-ce que de la montrer aux téléspectateurs. "On ne se bat pas suffisamment pour la liberté d'expression, on n'en fait pas suffisamment une valeur qui appartient à tout le monde. Quand SkyNews refuse de publier une couverture de 'Charlie', il refuse de publier une idée, une valeur, celle de la laïcité".

"Et ces valeurs ne nous appartiennent pas", ajoute le rédacteur en chef de l'hebdomadaire. "On les porte comme beaucoup d'autres personnes, j'espère, les portent. [...] Faut qu'on arrête d'être un symbole, il faut qu'on redevienne un journal". La vente du dernier numéro "Tout est pardonné", dont les recettes ont rapporté entre 10 et 12 millions d'euros, devrait permettre aux journalistes de "respirer" et de faire vivre "Charlie" encore longtemps.

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