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L'embargo russe profite aux petits pois Bonduelle

Des petits pois dans l'usine Bonduelle d'Estrées, dans le nord de la France, en juillet 2010.
Des petits pois dans l'usine Bonduelle d'Estrées, dans le nord de la France, en juillet 2010. Philippe Huguen, AFP

Bien que Moscou ait décrété en 2014 un embargo sur les produits agricoles européens en réponse aux sanctions occidentales, le français Bonduelle a annoncé des résultats records sur le marché russe. Les conserves ne s'y sont jamais si bien vendues.

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Depuis août 2014, le monde agricole européen est sous le coup d’un embargo russe. Le président Vladimir Poutine a imposé des restrictions sur les importations de produits alimentaires, en réponse aux sanctions économiques qui pèsent sur son pays depuis le début du conflit en Ukraine.

Malgré cette crise, un groupe français a réussi à tirer son épingle du jeu en Russie. Dans un communiqué publié mercredi 25 février pour présenter ses résultats du premier semestre 2014-2015, le géant de la conserve et des surgelés annonce "une progression des ventes […] exceptionnellement élevée" dans cette région du monde. Le chiffre d’affaires du spécialiste de la conserve de légumes a ainsi augmenté de 30 % au cours de cette période.

Les conserves échappent à l’embargo

Pour les dirigeants de la marque, ces chiffres record s’expliquent par plusieurs facteurs. "Les conserves ne sont pas concernées par l’embargo russe, pour des raisons d’ailleurs qu’on ignore complètement", déclare à France 24, Grégory Sanson, directeur administratif et financier du groupe. Et même si ce type de produits avait été touché par les restrictions imposées par Moscou, Bonduelle serait passé entre les mailles du filet car les trois quarts de ses ventes sur le marché russe sont fabriqués sur place : "Nous avons deux usines situées dans le sud de la Russie, au bord de la mer Noire. Elles produisent environ 100 000 tonnes de légumes et fournissent 75 % des besoins du pays, le reste provenant des pays limitrophes".

Cet ancrage local est l’un des vrais atouts de l’entreprise, selon ce responsable de Bonduelle. Alors que sur la scène politique, les tensions sont toujours aussi fortes entre les pays occidentaux et la Russie, la marque française, dont le siège social est à Villeneuve d’Ascq dans le Nord-Pas-de-Calais, n’a pas subi de rejet en raison de sa nationalité : "Nous sommes très intégrés à notre environnement russe. Nous employons des collaborateurs russes dans nos usines, mais nous avons aussi des agriculteurs ici. Nous sommes considérés tant par les autorités que par le public comme une société russe".

Au lieu de pâtir de l’embargo, le groupe français finit même par en bénéficier. Déjà leader en Russie avec 50 % des parts de marché, partagé entre sa marque principale et la seconde Globus, Bonduelle a profité de la perte de vitesse de ses concurrents. "Beaucoup de produits alimentaires sont eux touchés par l’embargo, ce qu’il fait qu’ils disparaissent des rayons et ceux qui restent ont d’autant plus de visibilité", résume Grégory Sanson. Alors que les Russes sont dans une forte période d’inquiétude en raison de l’effondrement du cours du rouble, les conserves ne se sont jamais aussi bien vendues : "Cela a toujours été une valeur refuge dans un contexte compliqué. Le consommateur est très préocuppé par les risques d'inflation. Acheter aujourd’hui pour demain à partir du moment où le produit se conserve, cela peut-être une bonne idée".
 

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