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En visite à Paris, le président rwandais Kagame ne verra que l'Unesco

Le président rwandais Paul Kagame est attendu vendredi à Paris où il assistera à une réunion de l'Unesco.
Le président rwandais Paul Kagame est attendu vendredi à Paris où il assistera à une réunion de l'Unesco. AFP (Archives)

En délicatesse avec la France qu’il accuse régulièrement de complicité dans la génocide rwandais, le président Paul Kagame est attendu vendredi à Paris. Pour assister à une réunion de l’Unesco, pas pour rencontrer des officiels français.

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Il ne s’était pas rendu en France depuis septembre 2011. Le président rwandais, Paul Kagame, est attendu vendredi 27 février à Paris où il assistera à une réunion de l'Unesco (dont le siège se situe dans la capitale française), consacrée aux technologies de l'information et de la communication. Aucune rencontre n’est prévue avec des responsables politiques français. Il ne s’agit pas d’une visite bilatérale, insiste-t-on à Kigali, mais seulement d’un déplacement à l’Unesco, où le chef de l’État rwandais "copréside la commission sur le haut débit", aux côtés du magnat des télécoms mexicain, Carlos Slim.

Malgré le dégel des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, les tensions subsistent entre les deux pays. Le second accuse régulièrement le premier d'avoir soutenu le gouvernement extrémiste hutu qui avait déclenché les tueries de 1994 ayant fait quelque 800 000 morts, majoritairement parmi les Tutsis. En avril 2014, à l’occasion des commémorations du 20e anniversaire du génocide, auxquelles la France n'avait pas souhaité prendre part, Paul Kagame avait une nouvelle fois fustigé Paris pour sa "participation" aux massacres.

>> À lire sur France 24 : "À Libreville, Fabius et Kagame tentent de briser la glace"

La France a plusieurs fois rejeté ces accusations et martelé que les forces françaises n'avaient fait qu'œuvrer à la protection des populations civiles. En mai 2014, comme le rappelle RFI, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait profité du New York Forum Africa, organisé au Gabon, pour demander au président rwandais "ce qui était précisément reproché à la France pour justifier de telles accusations". Une requête restée à ce jour lettre morte.

"Amuser la galerie"

Pour l’oppostion rwandaise, les attaques répétées de Paul Kagame contre la France n’ont d’autre but que d’"amuser la galerie et de faire diversion", selon les termes d’Augustin Sebahakwa, président du Collectif des victimes des crimes de masse commis dans la région des Grands Lacs africains (Covigla). D’après cet opposant résidant en France, les autorités de Kigali se rendent régulièrement coupables de violations "graves" des droits de l’Homme. "Au Rwanda, des personnes diparaissent, ou sont emprisonnées arbitrairement, affirme-t-il à France 24. À travers la loi sur le négationisme dont les vagues contours laissent libre cours à toutes les interprétations, le régime peut condamner ses opposants."

Depuis 2008, une loi punit effectivement de 10 à 25 ans de prison quiconque véhicule "l'idéologie du génocide". Un texte "rédigé en termes vagues et ambigus qui muselle de manière abusive la liberté d'expression", estime Amnesty international.

Courant 2014, plusieurs ONG avaient dénoncé la vague d’arrestations et de disparitions de personnes accusées par Kigali d’"atteinte à la sûreté de l’État". "On sent une crispation et on sent une intensification des attaques à l’égard de toute voix indépendante ou de l’opposition au Rwanda. On ne peut pas justifier l’instabilité du pays à n’importe quel prix", s’inquiétait alors sur RFI Florent Geel, responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

Washington avait également fait part de sa préoccupation. "Les États-Unis appellent le gouvernement rwandais à s'expliquer sur le sort des personnes arrêtées au cours des deux derniers mois et actuellement en détention, et à respecter les droits de ces personnes qui sont garantis par la loi rwandaise et la législation internationale sur les droits de l'Homme", avait alors déclaré le département d'État.

Plusieurs associations d’oppostion au régime de Paul Kagame, dont le Covigla, doivent manifester, vendredi, à Paris, devant les locaux de l'Unesco. "Nous nous opposons à ce qu’une organisation de l’ONU invite des gens qui maltraitent leur peuple", s’insurge Augustin Sebahakwa.

 

 

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