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Nucléaire iranien : Netanyahou veut torpiller un "mauvais accord"

Benjamin Netanyahou est arrivé dimanche soir aux États-Unis pour une visite de trois jours qu'il qualifie d'"historique".
Benjamin Netanyahou est arrivé dimanche soir aux États-Unis pour une visite de trois jours qu'il qualifie d'"historique". Capture d'écran

Le Premier ministre israélien est arrivé dimanche à Washington pour une visite visant principalement à torpiller l'accord sur le nucléaire iranien, qui doit être signé le 31 mars.

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Trois jours pour torpiller ce qu'il qualifie de "mauvais accord". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est aux États-Unis pour une mission "historique", visant principalement à torpiller l’accord international sur le nucléaire iranien que Washington veut sceller, à tout prix, d'ici un mois.

L'État hébreu, ennemi de la puissance chiite, ne veut pas entendre parler de cet accord que Benjamin Netanyahou devrait dénoncer lundi matin devant les 16 000 délégués du groupe American Israel Public Affairs Committee (Aipac), puissant lobby américain pro-israélien qui tient sa conférence annuelle à Washington en l’absence – remarquée – du président Obama, de son vice-président et de John Kerry.

"Un mauvais accord"

Israël est convaincu qu'une entente entre le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran n’empêcherait pas Téhéran de se doter de la bombe atomique. "Nous savons beaucoup de choses de l'accord qui est en train de sortir", a déclaré l'entourage du chef du gouvernement israélien, et, "à notre avis, c'est un mauvais accord".

"Cela fait près de 20 ans que Benjamin Netanyahou combat le programme nucléaire iranien. Il va donc redire qu’il vaut mieux aucun accord qu’un ‘mauvais accord’ et répéter que ce programme est une menace existentielle pour l’Etat hébreu mais aussi pour une bonne partie du monde occidental", estime Gallagher Fenwick, correspondant de France 24 à Jérusalem.

Après un an et demi de négociations internationales et un accord provisoire en novembre 2013, le 5+1 et Téhéran doivent signer, d'ici au 31 mars, un document politique définitif qui assurerait à l’Iran une levée des sanctions internationales en échange de garanties sur la nature civile de son programme nucléaire. Mais le chef du gouvernement israélien pourrait réclamer une nouvelle prolongation des pourparlers : "La date (du 31 mars) n'est pas sacrée", a-t-on suggéré dans sa délégation.

Coup de froid entre les alliés israélien et américain

Ce règlement historique entre les grandes puissances et la République islamique provoque un sérieux coup de froid entre les alliés israélien et américain. Symboliquement, au moment où Benjamin Netanyahou arrivait dimanche soir à Washington, le secrétaire d'État John Kerry arrivait, lui, en Suisse pour rencontrer son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, avec qui il négocie depuis des mois sur le nucléaire.

>> À voir sur France 24 : Les juifs américains redoutent le discours de Netanyahou devant le Congrès

La visite de Benjamin Netanyahou a d’ailleurs été montée dans le dos de l'administration démocrate du président Obama. Ulcérée, la Maison Blanche a fustigé la semaine dernière un geste "destructeur pour les bases mêmes des relations américano-israéliennes" et exclu toute rencontre avec le Premier ministre Israélien.

"La Maison Blanche reproche à l'Aipac, et plus largement à Israël, de vouloir lui imposer une ligne dure sur l'Iran, alors que Barack Obama pense qu'un accord est possible sur le nucléaire. Rarement les deux pays, où en tous cas leurs dirigeants, auront autant affiché leurs désaccords", estime Stanislas de Saint-Hippolyte, correspondant de France 24 à Washington.

Une visite controversée jusqu'en Israël

À deux semaines des législatives, le voyage de Benjamin Netanyhou aux États-Unis est lourd d’enjeux politiques. Avant de quitter son pays dimanche, il avait qualifié son voyage de "mission cruciale et même historique", se présentant comme "l'envoyé de tous les citoyens d'Israël [...] et de l'ensemble du peuple juif". Mais les Israéliens sont loin de soutenir unanimement sa démarche.

"Le voyage du Premier ministre israélien à Washington n’aura jamais causé pareille controverse aux États-Unis comme en Israël. Il est difficile de trouver un Israélien qui soutient, sans aucune réserve, la démarche de Benjamin Netanyahou", explique Gallagher Fenwick.

>> À lire sur France 24 : Nétanyahou au Congrès : l'invitation qui dérange la Maison Blanche

Près de 200 ex-généraux de l’armée israélienne ont estimé, dimanche, que le discours que le Premier ministre israélien prononcera devant le Congrès mardi risquera d’affaiblir encore un peu plus la relation entre les administrations israéliennes et américaines, renforçant ainsi indirectement l’Iran.

Trente-cinq ans après la rupture des relations diplomatiques américano-iraniennes consécutive à la Révolution islamique, le président Obama a fait d'un rapprochement avec Téhéran une priorité de sa politique étrangère. Dans le même temps, ses relations personnelles avec le Premier ministre israélien se sont dégradées au point de devenir, depuis quelques années, exécrables.

Avec AFP
 

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