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FRANCE

Attentat rue des Rosiers : trois suspects identifiés 33 ans plus tard

Le jour de l'attentat, rue des Rosiers, à Paris, le 9 août 1982
Le jour de l'attentat, rue des Rosiers, à Paris, le 9 août 1982 Jacques Demarthon, AFP
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Selon RTL, trois hommes suspectés d'avoir commis l'attentat de la rue des Rosiers, en 1982, le plus grave depuis la Libération, ont été identifiés. Le juge d'instruction Marc Trévidic a lancé des mandats d'arrêt à leur encontre.

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Il est 13 h 15 ce 9 août 1982 quand un commando ouvre le feu dans le restaurant Jo Goldenberg, rue des Rosiers, dans le quartier juif historique de Paris. Les assaillants jettent une grenade dans l'établissement avant de tirer plusieurs rafales sur les clients. Dans leur fuite, les trois hommes continueront de tirer sur les passants. Au total, six personnes mourront.

Trente-trois ans après les faits, le dénouement de l'un des plus graves attentats commis sur le sol français est peut-être proche. Selon RTL, les trois assaillants ont été formellement identifiés et le juge anti-terroriste Marc Trévidic a lancé des mandats d'arrêt à leur encontre.

Ce magistrat, dont beaucoup louent aujourd’hui la pugnacité, avait repris le dossier en 2007 à la retraite du juge Bruguière. "C’est le deuxième dossier ancien que Marc Trévidic est en train de solder. Le premier concernait l’attentat [de la synagogue] de la rue de Copernic à travers lequel il a obtenu en novembre dernier l’extradition de Hassan Diab depuis le Canada", déclare Claude Moniquet, consultant et spécialiste de la lutte anti-terroriste, interrogé par France 24.

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GRAB Moniquet Rue des rosiers

Aucun des suspects sur le sol français

Selon l’hebdomadaire "Paris Match", ces mandats d'arrêt visent Walid Abdulrahman, alias Abou Zayed, 56 ans, qui vit à Oslo et possède la nationalité norvégienne, et Mahmoud Khader Abed, alias Hicham Harb, 60 ans, qui réside aujourd’hui à Ramallah, en Cisjordanie. Le troisième homme, Mohamed Souhair al-Abassi, alias Amjad Atta, 64 ans, qui vit en Jordanie, aurait assuré leur logistique sans participer directement à l’attentat.

Alain Jakubowicz, le président de la Licra, s'est réjouui de la nouvelle. "Aucun criminel, aucun terroriste ne peut se cacher, a-t-il confié. [...] Au-delà de cette affaire, c'est un message envoyé aux terroristes mais également aux victimes, pour garder foi en la justice."

Selon une source judiciaire, les trois hommes ont été identifiés grâce à des témoignages d’ex-membres du groupe Abou Nidal. À l'époque, les suspects auraient en effet été membres du Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), ou groupe Abou Nidal, mouvement dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Hafez al-Assad, commanditaire de l'attentat ?

"Abou Nidal était une petite cellule d’une centaine de personnes qui ont agi dans les années 80. C’est une organisation palestinienne – Abou Nidal est un Palestinien qui a commandité des dizaines d’attentats contre des pays arabes modérés ou contre l’OLP, mais aussi des attentats antisémites à Vienne, à Paris, à Rome…", explique Claude Moniquet.

Pour l’expert, les trois suspects recherchés sont des "jusqu'au-boutistes de la cause palestinienne, [les membres d’Abou Nidal] sont aussi des mercenaires qui ont travaillé pour le compte de l’Irak, de Damas, parfois pour le compte de Tripoli et pour Kadhafi", précise-t-il.

Selon l’un des anciens responsables du Fatah-CR qui a témoigné "sous X", le commanditaire de l’opération était Hafez al-Assad, à l’époque président de la Syrie et père de l’actuel chef d’État syrien, indique encore "Paris Match".

Avec Reuters

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