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Le président Kenyatta brûle symboliquement 15 tonnes d'ivoire

Un officier kenyan se tient près d’un tas de 15 tonnes d’ivoire d’éléphants en train de brûler, le 3 mars.
Un officier kenyan se tient près d’un tas de 15 tonnes d’ivoire d’éléphants en train de brûler, le 3 mars. Carl de Souza, AFP

Pour combattre le braconnage d’éléphants, le président kenyan a fait incinérer 15 tonnes d’ivoire estimées à environ 30 millions de dollars. Il s’agit du plus important volume jamais incinéré en Afrique.

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Le président kenyan Uhuru Kenyatta a brûlé, mardi 3 mars à Nairobi, 15 tonnes d'ivoire et a promis de détruire d'ici fin 2015 l'ensemble du stock estimé à 100 tonnes. Cette cérémonie d'incinération était organisée à l'occasion de la Journée mondiale pour la vie sauvage.

"L'ivoire et les trophées prélevés sur les animaux sauvages doivent être rendus inutilisables partout dans le monde", a déclaré le président Kenyatta, avant d'allumer une imposante pyramide de défenses saisies ces dernières années, haute d'environ trois mètres. L'ivoire devrait brûler durant cinq jours, sous haute surveillance, dans le Parc avant d'être réduit à l'état de cendres.

Une valeur marchande d'environ 30 millions de dollars

"Ce qui est fait pour protéger la biodiversité est faible au regard des menaces sur notre environnement aujourd'hui", a poursuivi le président Kenyatta. "Il est urgent d'intensifier le combat contre les crimes visant la nature", a-t-il lancé.

Le kilo d'ivoire se négocie à environ 2 100 dollars en Chine et la quantité incinérée mardi représente une valeur marchande d'environ 30 millions de dollars, la plus importante quantité d'ivoire jamais brûlée en Afrique.

En 1989, le Kenya avait brûlé l'ensemble de son stock d'ivoire. Le président Mwai Kibaki, prédécesseur du chef de l'État kenyan, avait incinéré cinq tonnes de défense en 2011. Le Kenya reste cependant un haut lieu du braconnage de l'éléphant d'Afrique mais également un important point de passage du trafic de l'ivoire.

"Les braconniers n'auront pas le dernier mot"

Kenyatta a assuré que "les braconniers et ceux qui les financent n'auraient pas le dernier mot. [...] Nous voulons que les générations futures de Kenyans, d'Africains et du monde entier puissent jouir de la majesté et de la beauté de ces animaux magnifiques", a-t-il poursuivi.

>> À voir sur France 24 : En images : 698 défenses d'éléphants réduites en poussière à Paris

Le braconnage des rhinocéros et des éléphants a explosé au Kenya, comme dans le reste de l'Afrique, depuis la fin des années 2000, dopé par la demande asiatique en corne de rhinocéros, à laquelle sont attribuées à tort des vertus médicinales, et en ivoire, recherché pour la fabrication d'objets décoratifs.

Au Kenya, les chiffres officiels font état de 300 éléphants et 59 rhinocéros abattus en 2013, mais les experts estiment que le carnage est largement sous-estimé.

L'agence de protection de la faune (KWS), estime pour sa part qu'il reste 38 000 éléphants et un millier de rhinocéros au Kenya, des données optimistes selon certains défenseurs de la nature. Environ 30 000 éléphants sont tués en Afrique chaque année, selon l'ONU.

En décembre dernier, deux ONG de défense de l'environnement avaient estimé que le massacre des éléphants d'Afrique et le commerce de leur ivoire en Chine pourraient provoquer l'extinction des pachydermes vivant en liberté d'ici une génération.

Avec AFP

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