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Afrique

Que signifie l'allégeance de Boko Haram à l'EI ?

© Captures d'écran de vidéos de propagande de Boko Haram et de l'EI. | Le chef de la secte Boko Haram Abubakar Shekau, a déclaré samedi 7 mars avoir fait "allégeance" à l'EI, dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/03/2015

Le groupe Boko Haram a déclaré samedi 7 mars avoir fait "allégeance" à l'EI. Les deux groupes terroristes étaient pourtant en contact depuis quelques mois déjà. Alors comment interpréter l'annonce "officielle" de ce rapprochement ? Décryptage.

Dans un enregistrement audio diffusé sur le compte Twitter du groupe islamiste nigérian, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a déclaré samedi 7 mars avoir fait "allégeance" à l'organisation de l'État islamique (EI). Cette annonce, qui vise d'abord à obtenir l'attention des médias, n'est pas si surprenante. Depuis quelques temps, les spécialistes en voyaient venir les signes avant-coureurs.

En juillet dernier, Abubakar Shekau proclamait déjà son soutien au dirigeant auto-proclamé de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Et depuis début février, les méthodes de communication de Boko Haram avaient évolué, laissant deviner que la secte islamiste était conseillée par l’EI au niveau de la communication mais aussi sur le terrain, où leur manière de faire a également changé.

Pourquoi parler d'"allégeance" ?

Pour Anne Giudecelli, directrice de Terrorisc, une société de conseil spécialisée dans les risques politico-sécuritaires, le but est de créer un impact en termes de guerre psychologique. "Une allégeance est une marque d'adhésion, ce qui permet de s'inscrire dans des mêmes combats et signifier que l’on a les mêmes ennemis", explique-t-elle.

Le rapprochement des deux groupes est avant tout idéologique : tous deux souhaitent l’instauration de la charia et d'un califat. Il n'y aura pas pour autant d'échange de jihadistes. Selon Wassim Nasr, journaliste chez France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes, les échanges entre eux sont "complètement dématérialisés".

"Boko Haram prête obéissance au chef des croyants, mais ce n'est pas une fusion des deux groupes car ils sont géographiquement très éloignés", confirme le général Dominique Trinquand, expert militaire.

Pourquoi cette allégeance à l'EI intervient-elle maintenant ?

Le califat d'Al-Baghdadi est devenu une marque intéressante pour développer des activités terroristes. "L'EI est devenu beaucoup plus attractif qu'Al-Qaïda, car il a réussi à réinstaurer le califat dont rêvent tous les jihadistes", explique Wassim Nasr.

Ainsi, la secte Boko Haram est un nouveau groupe africain à rejoindre l’EI, après notamment Ansar Beït al-Maqdess, en Égypte, en novembre 2014.

>> À lire sur France 24 : "Les jihadistes d'Ansar Beït al-Maqdess prêtent allégeance à l'EI"

Pour le général Trinquand, le calendrier de l'annonce officielle du ralliement des islamistes nigérians à l'EI n'est pas un hasard. "Cela arrive au moment où Daesh [acronyme de l'EI en arabe, NDLR] a des difficultés au Moyen-Orient et quand Boko Haram a contre lui une alliance du Tchad, du Cameroun et du Niger. Ils sont donc en position de faiblesse. Cette alliance stratégique cherche à montrer qu'ils se renforcent, au moment où ils connaissent des revers sur le terrain."

Un constat que confirme Moïse Gomis, correspondant de France 24 à Lagos. "Les lourdes pertes de Boko Haram ces dernières semaines et l'annonce d'Idriss Deby, qui a dit avoir localisé Abubakar Shekau, font penser que Boko Haram est dans une impasse", explique le journaliste.

Quelles sont les conséquences de cette alliance ?

Depuis l'annonce de l'allégeance de Boko Haram, on peut désormais considérer que l'EI est présent en Afrique noire. Pour Wassim Nasr, "le message qu'il (l'EI) est en train de faire passer à la coalition est : 'C'est moi qui définis le théâtre de la guerre et il va s’étendre au-delà de la Syrie et de l’Irak, à l'Algérie, à la Libye, à l'Égypte et maintenant, à l’Afrique noire'".

Devant la porosité croissante entre les deux grands groupes terroristes, les Occidentaux à qui s'adressent ces messages de propagande vont devoir adapter leur stratégie de lutte. "Il y a une menace jihadiste extrémiste qui prend des formes diverses. Vis-à-vis de menaces islamistes, en Libye, en Afrique centrale ou au Moyen-Orient, il faudra les cloisonner et les réduire séparément. Cette manœuvre doit continuer", indique le général Trinquand.

Et dans le même temps, "une plus grande attention doit être apportée aux liens entre les deux" conclut l’expert militaire. Toute la difficulté va resider dans le traitement à la fois local et globalisé de cette menace terroriste internationalisée.

 

Première publication : 08/03/2015

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