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Fin de vie : une nouvelle proposition de loi divise

Une manifestation anti-euthanasie à Marseille, le 21 janvier 2015.
Une manifestation anti-euthanasie à Marseille, le 21 janvier 2015. Boris Horvat, AFP

Les députés français engagent mardi l'examen d'une proposition de loi pour accompagner la fin de vie. Ce texte est critiqué, pour des raisons opposées, par une partie de la droite et de la gauche, mais aussi par les principales religions de France.

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Les députés français doivent engager, mardi 10 mars, l'examen d'une proposition de loi pour accompagner la fin de vie. Ce texte propose une "sédation profonde et continue" pour les patients en phase terminale, sans aller jusqu'à l'euthanasie, et rend contraignantes pour les médecins les directives anticipées laissées par les malades.

Cette proposition, élaborée à partir du rapport présenté en décembre dernier par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), traduit un engagement de François Hollande pris durant la campagne présidentielle de 2012 de dépasser la loi de 2005 - dite "loi Leonetti" . Celle-ci prévient l'acharnement thérapeutique mais n'autorise pas le suicide assisté.

Cette proposition de loi fait la quasi unanimité au sein de l'Assemblée, où les groupes UMP, UDI, Front de gauche et PS y sont favorables. Cependant, des critiques ont jailli au sein d’une partie de la droite et de la gauche, mais aussi des principales religions de France.

D’un côté, des élus socialistes, écologistes et radicaux de gauche, favorables au suicide médicalement assisté et à l'euthanasie, ont estimé que le texte en question n’allait pas assez loin. Roger-Gérard Schwartzenberg, le président du groupe des radicaux de gauche, a regretté que le texte continue "à ne pas admettre l'assistance active médicalisée à mourir".

À l’extrême opposé, les députés de l'Entente parlementaire, l'aile droitière de l'UMP, qui avaient mené bataille contre le mariage pour tous, ont pour leur part présenté une vive opposition au texte, le jugeant "inutile et dangereux".

Les représentants religieux lancent un "appel inquiet"

Dans un appel publié lundi dans le journal "Le Monde", cinq responsables religieux représentant les grandes croyances ont par ailleurs lancé "un appel commun, inquiet et pressant" contre l'emploi de la sédation.

"Toute vie humaine doit être respectée spécialement au moment où elle est le plus fragilisée. Nous demandons que cette loi civile soit civilisatrice, c’est-à-dire qu’elle aide à vivre et à mourir, sans jamais écourter la vie, sans jamais décider de donner la mort", est-il stipulé dans cette tribune.

>> À lire sur France 24 : Belgique : l'euthanasie d'un violeur inquiète les partisans de la mort assistée

Les opposants au texte doivent se réunir mardi aux abords de l'Assemblée à l'appel d'un côté du collectif anti-euthanasie "Soulager mais pas tuer", de l'autre de l'Association pour le droit de Mourir dans la Dignité (ADMD).

Cent vingt-quatre députés socialistes ont, quant à eux, signé une tribune publiée également sur lemonde.fr en soutien à la proposition de loi PS-UMP. Ces derniers estiment que le texte est "à la hauteur de l'enjeu".

L'examen en première lecture par les députés doit se poursuivre mercredi, voire plus tard du fait du millier d'amendements déposés sur ce texte, notamment par l'aile droitière du groupe UMP. L'Assemblée doit se prononcer le 17 mars par un vote solennel sur l'ensemble du texte que le Sénat devrait examiner à son tour en avril ou mai.

Avec Reuters

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