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L’armée tchadienne, fer de lance de la guerre contre Boko Haram au Nigeria

Troupes tchadiennes près de la ville nigériane de Gambaru, le 1er février 2015.
Troupes tchadiennes près de la ville nigériane de Gambaru, le 1er février 2015. Marle, AFP

L’armée tchadienne est présente sur deux fronts au Nigeria pour lutter contre Boko Haram. Après avoir entamé son offensive au nord-est du pays aux côtés des forces camerounaises, elle s’est associée dimanche aux soldats nigériens dans le Nord.

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Depuis le 17 janvier, le Tchad est en première ligne au Nigeria dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. Le contingent tchadien, fort de 2 500 soldats, constitue de facto la première force de la coalition régionale mise sur pied en janvier pour combattre le groupe terroriste, qui a multiplié les exactions à mesure qu’il a étendu son emprise dans le nord-est du pays le plus peuplé d’Afrique.

Ces dernières semaines, les soldats tchadiens avaient surtout été à l’offensive depuis le Cameroun aux côtés des BIR (Brigades d’intervention rapide) déployées par Yaoundé. Dimanche 8 mars, au lendemain de l’annonce de l’allégeance de Boko Haram à l’EI, ils se sont associés aux forces nigériennes pour ouvrir un nouveau front de l’autre côté du lac Tchad, depuis les régions nigériennes de Bosso et Diffa.

"Le dispositif militaire tchadien sur zone est assez impressionnant"

L'armée tchadienne, mieux équipée, est souvent à l'avant-garde et peut se targuer d'avoir remporté plusieurs batailles. Ses soldats ont déjà repris des villes nigérianes aux islamistes : Gambaru et Dikwa.

>> À voir sur France 24 : "Grand reportage : avec les militaires tchadiens en guerre contre Boko Haram"

Le Tchad, gendarme régional, au grand dam d’Abuja

Dimanche, l'état-major nigérian a accueilli fraîchement cette offensive tchado-nigérienne, affirmant que "tout effort fait par une force étrangère serait au mieux complémentaire des opérations de l'armée nigériane". Malgré son incapacité chronique à faire face à Boko Haram, Abuja semble mal digérer le fait que les Tchadiens et les Nigériens poursuivent les combattants islamistes sur son territoire.

En attendant la mise en place de la force multinationale régionale de 10 000 hommes – entérinée vendredi par l'Union africaine –, le Tchad, déterminé, est donc devenu le grand gendarme régional, quitte donc à froisser un peu Abuja. Un officier de haut rang dans la région a confié à RFI que la coordination militaire entre le Nigeria et ses voisins à l’offensive (Tchad et Niger) est toujours quasi inexistante. Les Tchadiens semblant, selon lui, avoir une maigre confiance dans les stratégies de l'armée nigériane.

Mercredi 4 mars, le président tchadien Idriss Déby Itno a promis d’"anéantir" le groupe armé nigérian et d’en éliminer son chef, Abubakar Shekau, s’il ne se rendait pas, affirmant savoir où il se trouve. Les raisons de l’engagement massif de troupes au sol et du discours guerrier au sommet de l’État tchadien sont à chercher sur le plan économique. Pays enclavé, le Tchad importe une partie de ses biens de consommation depuis le Cameroun et le Nigeria. La sécurité des axes de circulation et des passages frontaliers lui est vitale pour éviter que son économie, déjà touchée par l’inflation, ne soit complètement asphyxiée.

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