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Brièvement détenu, Cesare Battisti attend une décision sur son expulsion du Brésil

Cesare Battisti quittant le siège de la police fédérale, à Sao Paulo, dans la nuit du 12 au 13 mars.
Cesare Battisti quittant le siège de la police fédérale, à Sao Paulo, dans la nuit du 12 au 13 mars. Reginaldo Castro, AFP

La police fédérale du Brésil a arrêté jeudi l'ancien militant d'extrême-gauche italien Cesare Battisti, condamné à la prison à vie en Italie. Il a été libéré dans la nuit dans l'attente d'une décision sur son expulsion.

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L'ancien militant d'extrême-gauche italien Cesare Battisti, condamné à la prison à perpétuité par la justice de son pays pour des meurtres commis dans les années 1970, a été libéré au Brésil vendredi matin, après sept heures dans l'attente d'une décision sur son expulsion.

Cesare Battisti, qui est aussi écrivain, avait été arrêté jeudi par la police fédérale à Embu das Artes, une ville de l'État de Sao Paulo, par la police fédérale. Mais il a été ramené à son domicile et "va dormir avec sa famille. Nous avons obtenu un habeas corpus" de la part d'un tribunal de Brasilia, a précisé Igor Sant'Anna Tamasauskas, l'avocat de Battisti.

Il a ajouté : "Il est libre comme n'importe quel citoyen, et nous allons présenter un recours devant le tribunal régional fédéral" de Brasilia, qui lui a accordé l'habeas corpus, une procédure qui énonce la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement.

Une expulsion vers la France ou le Mexique ?

Le 3 mars, la juge fédérale Adverci Mendes de Abreu avait ordonné l'expulsion de l'ancien militant, sentence qui avait remis en question une décision de la Cour suprême. Pour la magistrate, Battisti est "un étranger en situation irrégulière au Brésil et qui, en tant que criminel condamné dans son pays pour meurtre, n'a pas le droit de rester". La défense de Cesare Battisti avait annoncé son intention de faire appel de cette décision.

La juge fédérale soulignait que l’ancien militant d’extrême-gauche devait être expulsé au Mexique ou en France, pays où il s'est rendu après voir fui l'Italie et avant de se réfugier au Brésil en 2004. Selon elle, cette décision n'est pas contradictoire avec celle de la Cour suprême ni celle de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva de ne pas expulser Cesare Battisti, étant donné "qu'il n'est pas nécessaire de livrer l'étranger à son pays de nationalité".

Le clandestin auteur de romans policiers

Cesare Battisti, 60 ans, est réclamé par l'Italie après avoir été condamné en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970 – les années de "plomb" du terrorisme –, crimes dont il se dit innocent. Le militant italien a toujours dit à ses avocats "n'avoir aucune intention de quitter le Brésil", où il a vécu dans la clandestinité de 2004 à 2007, année de son arrestation à Rio de Janeiro. Il avait commencé à y refaire sa vie, après 30 ans de fuite au Mexique et en France, où il est devenu auteur de romans policiers.

Incarcéré pendant quatre ans près de Brasilia, Cesare Battisti avait été libéré le 9 juin 2011, quelques heures après le rejet par la Cour suprême d'une demande d'extradition de l'Italie, provoquant la colère de Rome. Les juges avaient alors estimé que l'Italie ne pouvait contester la décision "souveraine" de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva qui, au dernier jour de son mandat le 31 décembre 2010, avait refusé de l'extrader vers l'Italie. Le 22 juin 2011, le Conseil national de l'immigration lui avait accordé un permis de résidence permanente dans le pays.

Avec AFP

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