SYRIE

Les Syriens ont vécu quatre ans de guerre et de destructions

Un baril d'explosifs s'abat sur un quartier rebelle d'Alep, le 5 mars 2015.
Un baril d'explosifs s'abat sur un quartier rebelle d'Alep, le 5 mars 2015. Zein al-Rifai, AFP

Le conflit syrien entre, dimanche, dans sa cinquième année. Quatre années de destructions et de violences qui ont coûté la vie à plus de 210 000 personnes et jeté hors de leur foyer 10 000 Syriens dont quatre millions ont trouvé refuge à l'étranger.

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Quatre années que les Syriens vivent les violences et les destructions au quotidien. Dimanche 15 mars marque le triste anniversaire de ce qui fut un temps la révolution syrienne, et qui s'est muée en un conflit dévastateur, avec un bilan humanitaire dramatique et un régime toujours aussi brutal.

L'image des manifestations pacifiques, qui ont débuté le 15 mars 2011 à Deraa dans le sud de la Syrie, s'est estompée depuis longtemps. Le soulèvement contre le régime s'est militarisé face à la répression, jusqu'à devenir une guerre civile complexe dans laquelle s'affrontent les troupes loyales au régime, une myriade de groupes rebelles, des forces kurdes et deux organisations jihadistes, dont l'organisation de l'État islamique (EI).

>> À voir sur France 24 : Syrie : quatre ans de conflit et un pays en ruine

Côté diplomatie, la situation est au point mort, après deux séries de négociations entre régime et opposition, qui se sont soldées par un fiasco. Deux émissaires spéciaux ont jeté l'éponge et un troisième tente depuis des semaines de faire appliquer un gel des combats dans la métropole d'Alep. En vain.

Des ONG internationales ont condamné cette semaine "l'échec" des gouvernements du monde à trouver une issue à la guerre en Syrie, qui a coûté la vie à plus de 210 000 personnes et poussé la moitié des habitants du pays à fuir leur domicile en quatre ans.

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Reportage : à Paris, une manifestation de soutien au peuple syrien

Le régime d'Assad enhardi

Nombre d'experts estiment ainsi que l'incapacité de la communauté internationale à agir a renforcé l'assise de Bachar al-Assad. Car malgré l'indignation internationale face au nombre de victimes et à l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime mi-2013, le président Bachar al-Assad reste plus que jamais accroché au pouvoir. Ses forces consolident leur contrôle sur la périphérie de Damas et Alep, parmi les derniers bastions de la rébellion.

Cette dernière est plus éclatée que jamais, affaiblie par la supériorité militaire de l'armée qui la bombarde à coups de barils d'explosifs et s'appuie sur des alliés étrangers comme le Hezbollah libanais.

Les pays occidentaux qui réclamaient le départ du chef de l'État en 2011, sont devenus moins véhéments face à la montée de l'EI, considéré actuellement comme l'organisation "terroriste" la plus dangereuse et la mieux financée au monde. Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a d'ailleurs indiqué que la priorité de Washington était de vaincre l'EI.

L'espoir de paix en Syrie reste donc maigre. De nouveaux pourparlers à l'issue incertaine sont prévus entre émissaires de Damas et une partie de l'opposition syrienne en avril à Moscou, allié indéfectible d'Assad.

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Plus d'un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban

"La plus importante situation d'urgence humanitaire de notre ère"

Par ailleurs, l'incapacité de la communauté internationale à mettre fin au bain de sang alimente le sentiment d'amertume et d'abandon des Syriens qui traversent selon l'ONU "la plus importante situation d'urgence humanitaire de notre ère".

Près de quatre millions de personnes ont fui la Syrie, dont plus d'un million se réfugient au Liban voisin. Au sein même du pays, plus de sept millions de Syriens sont déplacés et près de 60 % de la population vit dans la pauvreté.

Les infrastructures ont été décimées, entraînant des pénuries aiguës d'électricité, d'eau et de nourriture, notamment dans les zones assiégées par l'armée.

Des ONG de défense de droits de l'Homme ont enquêté sur les terribles exactions du régime : près de 13 000 Syriens sont morts sous la torture dans ses geôles depuis le début du soulèvement. Des dizaines de milliers d'autres croupissent toujours dans les prisons gouvernementales, et beaucoup sont portés disparus.

Avec AFP

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