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DIPLOMATIE

Syrie : la France refuse d'ouvrir des négociations avec Bachar al-Assad

Le président Bachar al-Assad répond aux questions d'un journaliste, le 16 mars à Damas
Le président Bachar al-Assad répond aux questions d'un journaliste, le 16 mars à Damas AFP, SANA
4 mn

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé lundi qu'il refusait de négocier avec le président syrien Bachar al-Assad, comme l'avait envisagé la veille son homologue américain John Kerry.

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Les déclarations, dimanche 15 mars, du secrétaire d'État américain ont rallumé le débat sur l'opportunité de parler avec le président syrien. Si John Kerry a estimé qu’il serait opportun de réamorcer une relation diplomatique avec Bachar al-Assad pour contrer l'avancée des jihadistes du groupe État islamique (EI), il est en revanche hors de question pour la France de s’aligner sur cette position.

"Remettre en selle Bachar al-Assad" serait "un cadeau scandaleux" fait aux terroristes de l'EI, a déclaré lundi 16 mars Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, à l'issue d'une réunion à Bruxelles.

Le Premier ministre Manuel Valls a lui aussi regretté les propos de John Kerry. "Bachar al-Assad est le responsable de dizaines de milliers de morts [...] Il n'y aura pas de solution pour la Syrie tant que Bachar al-Assad restera, et John Kerry le sait", a-t-il déclaré sur Canal +.

Interrogé par France 24, le député français Jacques Myard, qui a réalisé le mois dernier un voyage polémique à Damas au cours duquel il a rencontré le président syrien, a critiqué la position de la France dans ce dossier. "Je crois que la diplomatie française est en train de se mettre dans un coin", a-t-il expliqué. "Croire qu'on va pouvoir trouver une solution politique en posant comme préalable le retrait du président est une faute", a-t-il ajouté en insistant sur le besoin de négocier avec tous les acteurs de ce dossier syrien.

>> À (re)lire sur France 24 : Quatre parlementaires français ont parlé "une bonne heure" avec Assad

Bachar al-Assad n’est donc pas l’avenir de la Syrie. Il ne peut s’inscrire dans un plan de sortie de crise. La "solution" au conflit syrien, "c'est une transition politique qui doit préserver les institutions du régime, pas Bachar al-Assad", a ajouté Fabius.

La transition devrait réunir "certaines structures du régime existant, la Coalition nationale et d'autres composantes qui ont de la Syrie une vision modérée, inclusive, respectant les différentes communautés du pays", a ajouté le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal.

Le président syrien a été mis au ban des puissances occidentales depuis le début de la guerre qui a fait 215 000 morts en quatre ans.

>> À voir sur France 24 : Syrie : quatre ans de conflit et un pays en ruine

Dimanche, dans une interview télévisée diffusée sur CBS, John Kerry avait estimé qu’au "final", il "faudrait négocier" avec le président alaouite. "S'il [Assad] est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d'appliquer Genève I [processus de paix de 2012], bien sûr", avait répondu Kerry, lorsque la journaliste de CBS lui avait demandé s'il était disposé à parler au président syrien. "Nous l'encourageons à le faire."

Doit-on voir dans ces déclarations un changement de cap de la politique américaine vis-à-vis d’Assad ? Absolument pas, a affirmé la porte-parole du département d’État américain, Marie Harf. "La position inchangée et réitérée de John Kerry est que le régime doit être présent à la table des négociations - il n'a pas dit que nous négocierions directement avec Assad", a relativisé Marie Harf sur Twitter.

Avec AFP
 

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