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Mort de Zyed et Bouna : "Nous n'allons pas faire le procès de la police"

Un graffiti sur une facade d'immeuble non loin de la cour de Rennes.
Un graffiti sur une facade d'immeuble non loin de la cour de Rennes. Damien Meyer, AFP

Le procès des deux policiers accusés de non-assistance à personne en danger après la mort accidentelle de Zyed et Bouna, à Clichy-sous-bois en 2005, a débuté lundi à Rennes. Pour la première fois, familles de victimes et accusés se sont faits face.

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"S'ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau." Voici la phrase au cœur du procès. Elle a été prononcée par l'un des deux policiers mis en cause dans la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans. Les deux adolescents avaient péri électrocutés dans un transformateur d'EDF après une course-poursuite avec des policiers, le 27 octobre 2005.

>> À lire sur France 24 : "Zyed et Bouna : Clichy-sous-Bois à l'épreuve du procès des policiers"

Ces mots, donc, pourraient déterminer quelle est la responsabilité des fonctionnaires de police dans la mort des deux garçons. Sont-ils coupables de non-assistance à personne en danger ? C'est là tout l'enjeu du procès qui a débuté à Rennes, lundi 16 mars. Les deux accusés encourent une peine de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Le président du tribunal correctionnel de Rennes, Nicolas Léger, a tenu à être clair : "Nous n’allons pas faire le procès de la police nationale dans son ensemble, ni des émeutes, ni des interventions politiques des uns et des autres."

>> À lire sur France 24 : Clichy-sous-Bois, cinq ans après les émeutes

Un constat que partage l'avocat des familles de victimes, Me Jean-Pierre Mignard. "Ce n’est pas le procès de la police en général, l’Inspection générale des services a fait un travail remarquable. Ce que cherchent les familles, c’est la vérité, la responsabilité. Elles ont toujours fait confiance à la loi", a-t-il déclaré.

Les proches des deux adolescents ont exprimé leur soulagement de voir enfin l'affaire amenée devant les tribunaux. Avant l’audience - prévue pour durer une semaine - certains proches des victimes ont exprimé leur attente. "Dix ans après, on a besoin de savoir ce qui s’est passé, d’écouter les policiers. On n’a pas oublié, la peine est toujours là", a déclaré à Reuters Mariam Cissé, cousine de Bouna Traoré, l’une des victimes.

À la barre, témoins et membres des familles sont venus dresser des portraits élogieux des deux victimes. L’un des policiers, 41 ans, qui se trouvait sur le terrain au moment des faits, est décrit par ses collègues comme un fonctionnaire "motivé et sérieux". L’avocat des prévenus, Me Daniel Merchat, qui plaidera la relaxe, assure que "les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis".

Avec AFP

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