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Arrestation des leaders de Y'en a marre et du Balai citoyen à Kinshasa

Les leaders de Y'en a marre, Fadel Barro (en blanc, à gauche) et du Balai citoyen Oscibi Johann (en blanc, à droite) font parti des personnes interpellées à Kinshasa.
Les leaders de Y'en a marre, Fadel Barro (en blanc, à gauche) et du Balai citoyen Oscibi Johann (en blanc, à droite) font parti des personnes interpellées à Kinshasa. Facebook Y'en a marre

Trois membres du mouvement citoyen sénégalais Y’en à marre et un du Balai citoyen burkinabè ont été arrêtés dimanche à Kinshasa lors d'un atelier sur "l’engagement citoyen". Une réunion jugée illégale par les autorités congolaises.

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Plusieurs acteurs pour le changement en Afrique ont été arrêtés, dimanche 15 mars, alors qu’ils participaient à une réunion dans les locaux de l’ONG Main dans la main pour le Congo, dans le sud de Kinshasa.

Parmi la trentaine de personnes interpellées lors de cet atelier, des figures de proue très connues du militantisme en Afrique : Fadel Barro, le meneur du groupe sénégalais Y’en a marre ainsi qu'Aliou Sané et le rappeur "Fou malade", ou encore Oscibi Johann, du mouvement citoyen burkinabè Balai citoyen. Un diplomate américain a également brièvement été interpellé avant d'être relâché dans la soirée.

"Naïfs de croire qu’on pouvait organiser cet atelier à Kinshasa"

L’atelier était organisé à l’appel de l’association Filimbi, créée juste après les manifestations autour du projet de révision du code électoral et qui avaient provoqués des heurts à Kinshasa. Il avait pour but de "concevoir un outil de sensibilisation [et] de plaidoyer sur l'engagement citoyen susceptible d'atteindre la jeunesse".

Ces interpellations ne sont pas une surprise pour cette jeune ONG congolaise. "Pour le régime de Kinshasa, le Balai citoyen ou les Y’en a marre sont des activistes subversifs et populaires qui pourraient avoir pour but de déstabiliser le gouvernement à l’approche des élections (présidentielles en novembre 2016, NDLR), a déclaré à France 24 un membre de Filimbi. Ce genre de rencontres a été organisé par le passé sans problème à Dakar, avec des artistes congolais de Filimbi. Il y a eu un peu de naïveté de croire qu’on pourrait organiser la même chose sans aucun souci à Kinshasa".

"C’est une agresssion"

Les autorités congolaises ont dénoncé auprès de l'AFP le caractère illégal de la rencontre.

"Un Burkinabé qui fait la révolution au Burkina c'est un révolutionnaire. Un Burkinabé qui vient faire la révolution au Congo, c'est une agression", a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. "On ne va pas laisser faire ça. C'est de l'aventurisme, c'est très grave", a t-il ajouté, assurant que "les journalistes ne sont pas autorisés à couvrir" ce genre d'événements.

Réactions indignées des médias au Burkina et au Sénégal

Pour les médias sénégalais et burkinabè, ces arrestations sont une erreur du président Joseph Kabila. "En arrêtant des responsables de la société civile, Kabila risque, sans le vouloir, de se tirer une balle dans le pied. Ce d’autant que la fronde qui était jusque-là interne, risque de s’externaliser avec toutes les conséquences qui vont avec", souligne ainsi le journal "Le Pays" à Ouagadougou.

Le quotidien Sénégalais "Enquête Plus" analyse le phénomène : "[Les Y’en à marre ou le Balai citoyen représentent] une société civile en alerte qui veille sur les libertés. [Joseph Kabila] est dans tous ses états, craignant, chez lui, le syndrome Compaoré".

En revanche, côté congolais, le quotidien "L'Avenir" a qualifié les activistes du Balai citoyen et de Y’en a marre de "terroristes".

La détention de ces leaders ne devrait cependant pas se prolonger : plusieurs sources affirment que des diplomates sénégalais et burkinabè discutent actuellement pour permettre une libération rapide des personnes interpellés.

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