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"Charlie Hebdo" : Riss, blessé dans l'attentat, signe sa première une

Riss, le nouveau patron de "Charlie Hebdo", le 24 février à Paris
Riss, le nouveau patron de "Charlie Hebdo", le 24 février à Paris Bertrand Guay, AFP

Blessé à l'épaule lors de l'attaque contre "Charlie Hebdo", Riss, nouveau patron du journal, a dessiné sa première une depuis l'attentat. Une de ses omoplates a été brisée par une balle et il se bat pour retrouver la souplesse de son bras droit.

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"Départementales : encore une télé-réalité qui va finir dans le décor", lit-on la couverture du numéro de "Charlie Hebdo" qui sortira en kiosque le 18 mars. On y voit le président François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls dans un hélicoptère qui va "dans le décor" à l'occasion des élections départementales des 22 et 29 mars. Une référence au récent accident d'hélicoptère survenu en Argentine sur le tournage de l'émission de télé-réalité "Dropped".

Charlie Hebdo

Riss, de son vrai nom Laurent Sourisseau, a eu l'omoplate brisée par une balle lors de l'attaque contre le journal début janvier. Hospitalisé pendant près de deux semaines, il était parvenu à gribouiller deux dessins de la main gauche pour le "numéro des survivants" paru une semaine après l'attentat. Sur chacun figurait un jihadiste cagoulé, le doigt sur la gâchette d'une kalachnikov. Celui-là même qu'il a vu surgir le 7 janvier.

Fin février encore, quand il dessinait, sa main tremblait. "J'ai plus de muscle, plus de force. Je m'aperçois à quel point, quand on dessine, on est dans une tension. C'est plus physique qu'on ne le croit", avait-il dit à l'AFP en mimant le geste.

Le dessinateur, désormais aux commandes de "Charlie Hebdo", est toujours en rééducation. "Après sa blessure à l'épaule, il a maintenant retrouvé la souplesse nécessaire pour dessiner plus facilement", indique-t-on dans son entourage.

"L'argent ne nous donne pas de talent"

Avant le 7 janvier, Riss était directeur de la rédaction et travaillait dans l'ombre de Charb et des "anciens", comme Cabu et Wolinski. Pendant l'attaque, Riss a raconté s'être jeté au sol, face contre terre, avant qu'un des frères Kouachi ne lui tire dessus. Il songe alors à arrêter de dessiner : "J'avais la sensation que toute la société ne voulait pas de nous".

Dans sa chambre d'hôpital, il a vécu avec l'angoisse que des tueurs ne viennent l'achever, a hésité entre se cacher dans les toilettes ou dans un placard. Plus tard, il a fini par se convaincre de continuer l'aventure "Charlie Hebdo".

Interrogé voilà un mois sur la poursuite de cette aventure, Riss disait espérer que le journal conserve son âme. "C'est vrai que nous sommes dans une situation inédite", avait-il alors indiqué, en faisant référence à la dizaine de millions d'euros engrangés après le "numéro des survivants", diffusé à plus de 8 millions d'exemplaires, et par l'explosion du nombre d'abonnés, passé de 10 000 à plus de 200 000 en six semaines.

"Nous avons reçu des sommes incroyables. Mais ce sont nos avocats qui s'occupent de ça. Nous, on doit toujours se dire qu'on est un petit journal. L'argent ne nous donne pas de talent, il ne nous aide pas à remplir le journal", avait expliqué le dessinateur.

Avec AFP

 

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