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Benjamin Netanyahou, l'insubmersible chef du Likoud

Le parti du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou a remporté les élections législatives anticipées, le 17 mars 2015.
Le parti du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou a remporté les élections législatives anticipées, le 17 mars 2015. Gali Tibbon, AFP

Malgré des sondages annonçant des résultats serrés, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou s’est imposé lors des législatives israéliennes. Entré en politique il y a 25 ans, "Monsieur sécurité" a su convaincre. Portrait.

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Il y a trois mois, la cote de popularité en berne, "Bibi" renvoyait l’image d’un Premier ministre usé par le pouvoir. Le quotidien "Haaretz" spéculait sur sa défaite, fantasmant sur la lassitude des Israéliens et le sursaut de l’électorat de gauche, plus soucieux des questions sociales que des arguments sécuritaires.

Pourtant, Benjamin Netanyahou a, une fois encore, déjoué les pronostics et l’indéboulonnable chef du Likoud a su s'imposer, en éliminant ses opposants. Le travailliste Isaac Herzog n’a pas été entendu malgré les promesses sur le logement ou le coût de la vie. Quant à ceux qui faisaient campagne à la droite du Likoud, ils se sont fait siphonner leurs voix. Le Premier ministre sortant a su profiter de la mauvaise campagne de Naftali Bennett, à la tête du mouvement religieux et nationaliste Foyer juif et des affaires de corruption qui ont entaché la campagne de son ancien ministre Avigdor Lieberman et de son parti, Israël Beitenou.

Priorité sécurité

Livrant un sprint final pendant sa campagne, Bibi ne s'est épargné aucun effort pour convaincre les indécis et endosser le costume qui lui va le mieux, celui de "Monsieur sécurité". Un rôle clé dans ce pays qui a livré huit guerres depuis sa création en 1948. À 65 ans, Benjamin Netanyahou s'est présenté comme seul capable de protéger l'État hébreu des dangers qui l'entourent. "Sans moi, ce sera le chaos", avait-il prévenu, ressassant à tout va dans la presse ces dernières semaines des avertissements anxiogènes sur la possibilité d’une gouvernance de gauche.

Il l’a toujours dit, sa priorité, c’est assurer la sécurité de son peuple, et ce, avant toute contingence. Quitte à ulcérer Barack Obama, en prononçant, une semaine avant l’élection israélienne, un discours contre le programme nucléaire iranien devant le Congrès américain. Sans hésiter non plus à contrarier Manuel Valls en appelant les juifs de France à rentrer "dans leur foyer", ni à susciter la condamnation de l’ONU en lançant une offensive meurtrière, contre Gaza en août dernier.

Quitte aussi à ériger toujours plus de murs le long des frontières ou à accélérer la colonisation, jugée illégale par la communauté internationale. Depuis neuf ans, Netanyahou a, selon l'organisation "La Paix Maintenant", donné son feu vert à l'édification de 13 000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Au risque de se contredire lui-même. Quelques jours avant l’élection, Bibi annonce qu'un État palestinien ne verrait jamais le jour tant qu'il serait Premier ministre, lui qui en juin 2009 à Bar-Ilan, avait rallié la solution "à deux États", un palestinien et un israélien.

Un record de longévité

Bibi peut désormais rêver d’un quatrième mandat. Au pouvoir depuis 2009, après l'avoir été entre 1996 et 1999, le chef de la droite israélienne pourrait, s'il était reconduit, dépasser le record de longévité politique de Ben Gourion.

Celui qui a désormais le cheveu blanchi a été le plus jeune chef de gouvernement et le premier né après la création du pays en 1948. Il en a gardé la réputation "d'enfant terrible" de la droite nationaliste aux positions irrédentistes. Prônant un "Grand Israël", il s’est toujours posé en gardien d'Israël et de ses colonies.

Pur produit de l'élite ashkénaze qui a fondé l'État hébreu, ce fils de militant ultra-sioniste a fait ses études aux États-Unis. Après avoir fait ses premières armes pendant la guerre du Kippour en 1973 et perdu son frère Jonathan lors du raid d’Entebbe en 1976, il se lance en politique et débute sa carrière dans la diplomatie, comme ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, à New York. En 1988, il est élu à la Knesset, le Parlement israélien.

Son ascension a ensuite été fulgurante : il est devenu vice-ministre des Affaires étrangères en 1992, puis la même année, chef du Likoud et leader de l'opposition. Il s’oppose alors aux accords israélo-palestiniens d'Oslo (1993) entamés par Yitzhak Rabin. Quand l'extrême droite appelle à chasser Rabin du pouvoir "par le sang et le feu", sa complaisance envers les extrémistes lui vaut le reproche d'être indirectement responsable de l'assassinat du Premier ministre. Des accusations qui ne l’empêchent pas d’être préféré à Shimon Peres et élu chef du gouvernement en 1996.

Un désenchantement de courte durée

Vingt-cinq ans après son entrée en politique, l’enchantement Bibi s’était quelque peu estompé ces derniers temps. Une partie de la droite semblait l’avoir lâché. Les habitants des colonies notamment lui reprochaient le discours de Bar-Ilan en 2009, le gel temporaire de la colonisation en 2010 ou la libération de prisonniers palestiniens dans le cadre de l'échange contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit.

La classe moyenne, étranglée par la vie chère, a quant à elle dénoncé sa politique économique ultra-libérale et les dépenses jugées excessives de son épouse, Sara. Ses adversaires, du centre droit et centre gauche, s’était rallié au "tout sauf Bibi". Mais cela n’a pas suffi. Son bilan mitigé ne l’a pas empêché d’arriver en tête et de s'attirer les voix de ses opposants de droite. Les tractations pour former un nouveau gouvernement sont en cours. S'il est nommé par le président Reuven Rivlin, Netanyahou aura 42 jours pour trouver une coalition.

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