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L'armée syrienne accusée d'avoir perpétré une attaque au chlore

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), six membres d'une même famille ont péri dans une attaque au chlore dans le nord du pays.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), six membres d'une même famille ont péri dans une attaque au chlore dans le nord du pays. Zein al-Rifai, AFP

Selon une ONG, le régime aurait perpétré une nouvelle attaque au chlore à Sarmine dans la région d'Idleb dans le nord de la Syrie. L'ONU a adopté au début du moins une résolution condamnant l'usage du chlore dans le conflit par toutes les parties.

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Le régime syrien aurait-il récidivé ? Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'armée syrienne aurait mené une attaque au chlore mardi 17 mars à Sarmine, dans la province d'Idleb, dans le nord de la Syrie. Six membres d'une même famille, dont trois enfants, ont péri dans cette attaque au barril d'explosifs.

"Trois enfants, leur mère, leur père et leur grand-mère sont morts asphyxiés après une attaque aux barils d'explosifs menée par le régime contre leur village" de Sarmine, au sud-est d'Idleb, a indiqué l'OSDH. Selon l'ONG, les médecins sur place ont indiqué que la cause du décès était l'émission d'un gaz, peut-être du chlore, contenu dans les barils d'explosifs.

Amnesty dénonce un nouveau "crime de guerre"

Un groupe de militants locaux a parlé d'un "massacre au gaz de chlore" et a publié des photos d'un hôpital de campagne où des victimes désorientées toussaient, en tenant des masques à gaz sur leurs visages.

Les militants ont posté aussi des vidéos des corps des trois enfants qui paraissaient avoir moins de trois ans. Les photos de leurs cadavres frêles enveloppés dans un drap blanc ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

Amnesty International a dénoncé dans un communiqué un "crime de guerre" du régime, en faisant aussi état de six morts et d'une centaine de personnes, en majorité des civils, "exposées à des degrés toxiques de chlore" après deux attaques menées lundi par des hélicoptères.

Amnesty International a dit se baser sur des témoignages pour rapporter ce drame. "Des attaques horribles, dans lesquelles des civils, dont de jeunes enfants, subissent une mort atroce, constituent une fois de plus une preuve que les forces gouvernementales syriennes commettent des crimes de guerre en toute impunité", a dénoncé Philip Luther, le directeur du programme Moyen-Orient.

"La situation en Syrie doit être soumise d'urgence à la Cour pénale internationale", a-t-il ajouté.

De son côté, une source militaire syrienne citée par Reuters a qualifié de propagande les informations de l'OSDH, organisation proche de l'opposition, sur un bombardement présumé dans le village de Sarmin, situé dans la province d'Idlib. "Nous n'utilisons pas ce type d'arme, et nous n'en avons pas besoin", a dit cette source.

L'ONU condamne l'usage du chlore comme arme

Ce n'est toutefois pas la première fois que Damas est accusée d'utiliser le chlore, un agent toxique qui peut être considéré comme une arme chimique, contre des zones civiles. En janvier, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait assuré, avec "un fort degré de certitude", que du gaz de chlore avait été utilisé en 2014 dans des attaques contre trois villages. L'OIAC n'avait pas désigné les coupables mais citait des témoins affirmant avoir entendu des hélicoptères -dont seul le régime dispose- avant les attaques.

Damas, qui a signé la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, dément avoir utilisé du chlore à des fins militaires et affirme avoir détruit toutes ses armes chimiques. Mais le recensement de ce type d'armes ne concerne pas le chlore, produit très répandu qui a aussi des usages domestiques et industriels.

Les organisations de défense des droits de l'Homme critiquent régulièrement le régime syrien pour l'emploi de barils remplis d'explosifs, largués sur des zones civiles depuis ses hélicoptères.

Reste que ces attaques surviennent alors que les Kurdes d'Irak ont déclaré lundi que des jihadistes du groupe État islamique (EI) avaient utilisé du gaz chloré contre leurs forces, les peshmerga, en décembre, puis de nouveau en janvier. Des allégations qui ont préoccupé Washington.

Des cas d'utilisation de chlore, que les jihadistes récupèrent principalement dans les stations d'épuration ou dans des bombes artisanales, ont déjà été évoqués dans plusieurs zones de Syrie et d'Irak.

Le 6 mars dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi une résolution qui condamne l'utilisation du gaz de chlore comme arme chimique dans le conflit syrien.

Avec AFP et REUTERS
 

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