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Au Cap, la statue de Rhodes fait les frais des frustrations des étudiants

La statue du colon britannique Cecil Rhodes recouverte de sacs poubelles par les étudiants de l'Université du Cap.
La statue du colon britannique Cecil Rhodes recouverte de sacs poubelles par les étudiants de l'Université du Cap. Facebook, UCT: Rhodes Must Fall

Cinq cents étudiants ont manifesté vendredi pour le déboulonnement de la statue du colon britannique Cecil Rhodes à l'entrée de l'Université du Cap. Un acte symbolique qui vise à réclamer une transformation du corps enseignant sud-africain.

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"Rhodes doit tomber !" ont scandé 500 étudiants blancs, noirs, et indiens à l’Université du Cap (UCT), vendredi 20 mars. Cible de leur colère, une statue de Cecil John Rhodes qui trône à l’entrée de leur établissement. Le Britannique avait fondé la British South African Company en 1890 et fait fortune en exploitant le diamant à Kimberley, en Afrique du Sud, à la fin du XIXe siècle.

Rhodes est également le fondateur de la compagnie diamantaire sud-africaine De Beers, actuel leader mondial du secteur des diamants. Un héritage qui n’émeut pas les étudiants qui, depuis une dizaine de jours, s’en prennent à la statue. La semaine dernière, le monument a été maculé d’excréments par des étudiants, puis recouvert de sacs-poubelle vendredi.

La statue avait été érigée en 1934 en signe de gratitude pour le terrain donné par le magnat des mines (1853-1902) à des Sud-Africains et sur lequel l’université du Cap avait été ensuite construite. "Ces terres avaient auparavant été dérobées à des Noirs sud-africains", font remarquer les étudiants.

Le vice-chancelier de l'université Max Price, qui a déjà reconnu dans un communiqué jeudi les "nombreuses injustices de la conquête coloniale sous l'ère Rhodes", a expliqué aux étudiants que la décision de déplacer la statue devait être prise par le conseil universitaire le 15 avril. Il s’est personnellement prononcé pour "son déplacement mais pas pour sa destruction".

Depuis jeudi soir, les protestataires occupent les bureaux de l’administration de leur université.

"Plus qu’une statue"

La statue de Cecil John Rhodes n’est en réalité qu’un moyen pour les étudiants de l’université d’attirer l’attention médiatique. En s’attaquant à ce symbole, ils souhaitent dénoncer la composition du corps enseignant, où la majorité des postes de direction sont occupés par des Sud-Africains blancs.

"Nous réclamons que les personnes qui nous éduquent ressemblent davantage à la composition socio-culturelle de l’Afrique du Sud (80 % noire, 8 % blanche et 8 % métisse)", explique Ramabina Mahapa, un des leaders étudiants. Sur les 1 500 enseignants de l’Université du Cap, seulement 100 sont noirs, selon les étudiants qui réclament également la mise en place de cours de littérature africaine.

Ces protestations ont lancé un débat dans la presse sud-africaine sur l’héritage culturel en Afrique du Sud, un éditorialiste demandant aux étudiants : "Comment réagiriez-vous si, dans une centaine d’années, quelqu’un demandait le démantèlement de la statue de Nelson Mandela ?" Celle-ci avait été inaugurée à Pretoria en 2013, au lendemain des funérailles du premier président d’Afrique du Sud post-Apartheid.

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